• Northland 25 octobre - 15 novembre

     

     l'ILE DU NORD

    ***En route vers Cape Reinga***

    Lundi 22 octobre:

    Je quitte Auckland en Bus pour Pahia, petite ville située au nord-est du NORTHLAND. Je campe au camping de la "Marae" maison commune maorie. Je suis seule sur ce vaste terrain mais pas pour longtemps. Je fais la rencontre de Pascaline qui vient de...France! Nous sympathisons rapidement. Soudain une personne surgit en nous signalant qu' il est interdit de camper ici et que le camping est de l' autre côté de la rue... Bizarre j ai pourtant eu affaire à une dame qui m' a donné un reçu même si je n' ai pas encore payé car elle ne savait pas faire fonctionner le lecteur de carte de crédit... Les toilettes et les douches sont fermées à clé. Nous croisons une nouvelle dame et lui exposons le problème. Il s 'agit de la gardienne de la marae. Elle nous invite à utiliser les toilettes et douches de la marae même. Ce lieu sacré est réservé à la tribu ("iwi"). Nous voici introduites en terre sacrée. La gardienne était en train de faire du tressage et c' est avec plaisir qu 'elle accepte de nous apprendre à tresser une rose à partir d' une feuille de "flex" cette fibre végétale qui est utilisée pour les costumes traditionnels.

    Mardi 23 octobre:

    Avec Pascaline, nous prenons le bus pour Kaitaia. Arrivées dans cette ville du Northland, nous partons à la recherche d 'une compagnie de bus : je souhaite voir si il est possible de négocier un billet à moitié prix pour aller jusqu' au cap, car les transports en commun ne vont pas jusque là. C 'est alors qu 'une voiture s arrête à notre hauteur  "Are you lost?" Pas du tout! La conductrice nous signale que le tour opérator est fermé à cette heure. Nous en profitons pour lui demander si elle n' a pas un jardin pour que nous puissions planter nos tentes. Quelques coups de téleéphone plus tard et nous voila à bord de sa voiture en route chez une de ses amies. La conductrice s 'avère être une détective de la police de Kaitaia et son amie policière. Nous sommes extrêmement bien accueillies : une chambre chacune avec une salle de bain rien que pour nous! Le luxe!  La famille me met en garde et trouve hazardeux et dangereux que j 'aille marcher le long de la 90 miles beach... Le doute s' installe en moi. Que faire? Est ce réellement dangereux? Pour en avoir le coeur net, je décide d 'accompagner Pascaline le lendemain pour un aller-retour en bus avec le tour opérator.

    Mercredi 24 octobre:

    Aujourd 'hui c 'est une journée particulière car Esteban mon neveu dont je suis l' heureuse marraine fête son premier anniversaire!!! 1 an déja !!! Mon cadeau sera une peluche "Kiwi bird" qui je l' espère arrivera à temps... Sacrée journée avec Pascaline, nous nous amusons bien et dévalons une immense dune sur des planches de bodyboard c' est le sandboard! Nous dégustons une delicieuse glace en cours de route. Au retour de cette mémorable journée nous préparons des crêpes pour remercier nos hôtes qui nous hébergent une nuit de plus. Demain nos chemins se sépareront: cap au sud pour Pascaline, cap au nord pour moi.

     

    ***DEPART de la  "TE ARAROA TRAil"***

    •  LE NORTHLAND

     Jeudi 25 octobre - Lundi 29 octobre:

    Ma première pensée du jour est pour mon frère Nicolas qui fête son anniversaire aujourd 'hui!

    Je quitte Kaitaia en faisant de l'auto-stop pour rejoindre l'extrémité de la péninsule d'Aupori appelée par les Maoris "la queue du poisson", c'est une longue bande de terre qui ne dépasse pas 12km de large entre Ninety Mile Beach à l'ouest et les plages de la côte est. Il me faudra 4 voitures différentes pour rallier le cap Reinga. En cours de route des pêcheurs maoris habitant dans le village le plus au nord de la Nouvelle Zelande m' offrent un poisson fumé "smocked mulet" de quoi débuter ce voyage à pied sous de bons auspices!

    Me voici au Cape Reinga où s'élève un phare visible d'une distance de 48km au large, le phare du cap Reinga est le plus septentrional de la Nouvelle Zelande. Point de départ de la "Te Araroa".

     Cape reinga to bluff

     

    Sac au dos et  bâtons de marche je descends vers la plage pour entreprendre ma longue traversée. La Ninety mile beach est la plus longue plage de Nouvelle Zelande, presque semblable à un désert, elle s'étire sur près de 100km. Autrefois boisée par des kauris (arbres géants et majestueux) mais qui n'ont pas résistés aux inondations survenues pendant les ères glaciaires. Des pins, plantés pour fixer les dunes les ont remplacés. Ces dunes qui peuvent atteindre 143m de haut ,sont maintenant des terrains de jeux, les néo-zélandais se laissent glisser sur des planches ce que j'ai d'ailleurs essayé.

    Lors de mon premier bivouac, je fais la connaissance d un australien marchant le long de la côte nord depuis 6 jours. Avec son accent particulier et sa vitesse d' élocution, il ne m 'est pas toujours facile de comprendre ce     qu 'il raconte... Souhaitant arrêter sa marche le lendemain, il se joindra finalement à moi pour marcher le long de la 90 mile beach , qui ne fait en réalité que 65km...Cette rencontre me permet notamment d 'en apprendre plus sur l 'Australie et sur le fonctionnement des institutions politiques dans le Commonwealth.

    Nous croisons à de multiples reprises des cadavres de "fur seal", le phoque à fourrure de Nouvelle Zelande.        J 'observe aussi des "pied shag" (cormorans). La 90 mile beach rime aussi pour moi avec "pipis shells"! Je déguste toute une casserole de ses coquillages le 3eme jour de marche...un vrai régal ! Les pipis shells sont faciles à trouver; il suffit de repérer un trou dans le sable et de creuser juste à la surface pour découvrir le coquillage. 12h dans l eau pour que le coquillage expulse le sable et ensuite 3 minutes dans l 'eau bouillante et   c 'est prêt!

    Après 5 jours de marche sur le sable fin au rythme du va et vient de la mer de Tasmanie j'arrive au bout de mes premiers 100km et à la fin de la péninsule d'Aupori. Me voici à Ahipara où je campe et me réapprovisionne avant d'entreprendre la traversée vers l'est et rejoindre les côtes de l Ocean Pacifique.

     Du sable a perte de vue

      

    Mardi 30 octobre:

    Le lendemain je suis le sentier de la" Te Araroa" qui m'emmène à travers l' " Herekino forest". La traversée se fera sans trop de difficulté bien que la forêt soit dense et les sols particulièrement boueux,il m'a fallu 6h contre 8h indiqué sur le panneau à l 'entrée de la forêt. J 'ai débuté tardivement dans la journée la marche dans le bush  la crainte de la nuit et la peur de ne pas trouver d 'espace pour planter ma tente ( les sentiers sont étroits, parsemés d 'écorce et de boue) m' ont fait presser le pas. La signalisation du sentier les "orange markers" (triangles oranges) sont parfois cachés par la végétation ou au sol avec les arbres tombés, il faut donc toujours en avoir un sous les yeux avant d'avancer. Je campe à l entree de la route forestière près d 'une rivière où je lave mes chaussures boueuses. Les collines sont déboisées et le paysage quelque peu saccagé...c est le résultat de      l' exploitation forestière qui deshabille les collines et laisse entrevoir leurs courbes. Un couple de canards poussent des cris et tournoient dans le ciel lors de mon passage.

     

    Muddy shoes

     

    Mercredi 31 octobre - jeudi 1 novembre:

    Je gagne Takahue après avoir surpris un groupe de chèvres dans la forêt de sapins. Petite journée de repos entre deux forêts aujourd hui ; je marche sur la route jusqu' au départ de la prochaine forêt "La Raetae Forest" pour la traverser le lendemain. Je m' installe près d 'une riviere où je me prélasse tout l' après midi sous le soleil. 

    Je pars tôt le matin pour rejoindre le départ de la" Raetae forest" afin de prendre le temps d 'observer, de découvrir les beautés du bush. Juste avant l' entrée du track, je découvre la présence d 'une zone de campement destinée aux voyageurs à pied de la Te Araroa Trail (TAT)...avec une baignoire, oui une baignoire! Je laisse un message dans le livre des visteurs puis m 'engage sur le sentier. La progression se fait très lentement : la montée est raide, sinueuse et boueuse. Le bush est dense. De nombreux arbres sont à terre et je dois les enjamber ou passer par dessous. Cette traversée forestière va vite devenir mémorable! Le sentier bien que balisé au depart devient vite difficile à suivre car les triangles oranges sont soit presque inexistants soit complètement cachés par la végétation. D 'autres" markers" sont présents mais je comprendrai par la suite qu 'ils correspondent à des indications pour les positions des pièges à nusisbles dont fait parti le possum. Le possum est un animal ressemblant à un mélange entre chat et écureuil. Il est originaire d 'australie et est un veritable fléau pour la faune et la flore neo zelandaise. Il abime les arbres, mange les Kiwi birds. Les Neo Zelandais ont mis en place un programme de lutte anti-possum afin, si ce n 'est d' éradiquer l' animal d' en limiter le nombre.

    Soudain plus de marque! Par ou passer? Il me semble voir un chemin je m 'y engage mais très vite c 'est une véritable jungle de lianes et d 'arbres enchevêtrés qui s' offre devant moi. Je retourne en arrière, retrouve le triangle orange qui indique d' aller tout droit, je franchis un arbre tombe et de nouveau plus rien. J 'avance tout droit et finis par perdre tous mes repères! Et voila je suis perdue ! PERDUE! Je voulais de l 'aventure en voici! Je ne parviens pas à revenir sur mes pas. J ai l' impression de tourner en rond. A l' aide du GPS je tente de me repérer où je me trouve sur la carte tant il est difficile de savoir où je suis au milieu de ce mikado géant. Je tente de progresser avec la boussole en créant mon propre chemin. Mais dans cette forêt subtropicale impossible        d' évoluer hors sentier sans une machette! Je me contortionne dans tous les sens pour me frayer un passage entre les lianes, les arbres au sol et les fougères. Je me cogne, tombe, me relève, retombe de nouveau. Mon sac s' accroche ici à une liane là à une branche. Voila bien deux heures que je bataille dans cette jungle. Je commence a être désespérée. Je me dis qu'Il me faudra des jours pour réussir à sortir de là.Près de moi  un gros arbre est tombé créant un peu de clarté. J 'aperçois un peu au dessus de moi une zone qui me semble moins dense et plus plane. Je grimpe et là je vois ... une marque rose sur un tronc, je tourne la tête et  sur ma droite un triangle orange! Le SENTIER! YYYYAH! J 'embrasse le triangle orange! Je vais enfin pouvoir sortir de là! Je retrouve la boue absente lors de ma progression hors sentier. Cette boue contre laquelle j' ai pestée plus d 'une fois, je la chérie désormais car elle est signe de sentier! c' est bon signe de marcher dans la boue! A tel point    qu' à peine quelques minutes après avoir retrouvé le chemin, ma jambe gauche s' y enfonce jusqu 'au mollet... De la boue plein les chaussures et des bosses sur les jambes, je sors enfin de la forêt après y être restée près de 9h... Je bivouaque à proximité de la Mangamuka river où je lave chaussures, pantalon, chaussettes et jambes...Je suis épuisée par cette traversée , la  tension éprouvée au cours de la journée se relache...

    J'ai su par la suite que cette forêt est l'une des plus dense et des plus boueuse. 

    Bushwalking

     

    Vendredi 2 novembre - Dimanche 4 novembre:

    Le coup de chance d 'hier me conduit à la prudence et je préfère éviter la forêt suivante l' "Omahuta et la Puketi forest" particulièrement longue avec une traversée de rivière. Je marche donc jusqu' a Mangamuka bridge où je suis prise en stop et fait la rencontre d 'un fermier retraité qui m' invite à boire un café et  à manger des tartines au saumon avant de me conduire au depart du" Kerikeri track". Sympathique rencontre! Nous croisons en route un autre habitant du coin qui m' apprend que quelques jours auparavant un suisse faisant la TAT s' est perdu pendant deux jours dans la" Puketi forest" avant d' être retrouvé quasi mort par lui même. Traumatisé par sa mauvaise expérience il a mis un terme à sa marche. Cette information me conforte dans mon choix.                  J 'apprendrai par la suite que la traversée de cette forêt n' est pas aisée et que la rivière est particulièrement profonde - il faut porter son sac au dessus de sa tête...

    Le Kerikeri track me fait évoluer à travers champ avec une parfaite visibilité. L arrivée à Kerikeri est très agréables le long de la rivière. Je plante la tente juste en haut des Rainbow falls.

    Le samedi, je visite un village de pêcheurs maoris pré-européen c' est à dire avant l 'arrivée des premiers colons. Kerikeri est l' une des premières villes où les premiers colons européens se sont installés. Direction ensuite Waitangi où je visite la "Waitangi house" lieu de la signature du traité reconnaissant les droits des populations maories et non maories. J' y découvre l' existence d' un drapeau maori. Je passe saluer la gardienne Maorie de la marae de Waitangi que j' avais rencontrée avec Pascaline. 

     Waterfall in Kerikeri

     

    Lundi 5 novembre :

    Direction Pahia. La location d un kayak pour remonter la rivière jusqu 'a Waikare est hors de prix. Je poursuis donc à pied jusqu' a Opua. J' interroge un homme en train de décharger son matériel de navigation sur la possibilité de louer un kayak ou de faire du bateau stop. Bingo! Joseph habite le long de la rivière et rentre chez lui en dinghy à moteur car il n y a aucune route pour se rendre chez lui. Il accepte de m' emmener mais ne pourra rejoindre Waikare que le lendemain avec la marée. Me voila donc embarquée à bord d' une coque de métal en compagnie de ce vieux maori et de son chien Sky. La ballade en bateau vaut vraiment le coup. Nous nous arrêtons chez ses voisins qui vivent aussi hors de toute route. Nous repartons avec deux smocked mulets que Joseph me donnera en prévision de ma marche dans la forêt. Le vieil homme semble apprécier d'avoir de la compagnie lui qui vit reclu dans son bush. Pour le remercier de son hospitalité je me lance dans la confection de mon plat de référence : des crêpes ! Bretagne oblige !

    Sky... a little bit scary !

     

    Mardi 6 novembre:

    Le départ est matinal. Joseph veut absolument me conduire le plus tôt possible au départ de la "Russel forest" pour que j 'ai suffisamment de temps pour la traverser. Nous partons donc à marée basse. La vase nous oblige à plusieurs reprises à descendre de la barque et à la pousser. Heureusement Joseph m' a prêté une paire de bottes! Au cours de la remontée du fleuve je découvre le paysage de la mangrove avec ses milliers de petites racines qui sortent du sol et montent vers le ciel. Joseph est obligé d 'avancer à la rame car le moteur s' embourbe dans la vase plus on se rapproche de Waikare.

    Me voila à Waikare! Je remercie Joseph puis emprunte la route qui me conduit au Te Papakauri stream.             J 'aperçois des possums vivants sauvagement capturés par des pièges qui leur broyent une patte. J apprendrai par la suite que ce type de piège est illégal. La progression dans le Te Papakauri stream s' effectue d 'abord le long des berges mais très vite l' absence de triangles oranges me conduit à suivre la rivière en remontant la rivière directement les pieds dans l' eau. Par moment l 'eau monte jusqu' aux genoux. Soudain j 'aperçois trois cochons sauvages qui détalent en me voyant. Tout aussi surprise de les apercevoir je ne fais pas attention où je pose les pieds et vlan! Je glisse et me retrouve dans l' eau. Heureusement qu 'à cet endroit l' eau m' arrivait aux chevilles. Je poursuis la remontée pendant 4 km avant de retrouver enfin un triangle orange. J' arpente ensuite le bush de la "Russel forest". Je commence à mieux m'approprier la forêt tropicale avec ses fougères géantes et sa végétation très dense, mais je me suis donnée comme principe, ne pas avancer avant d'avoir repéré le fameux" triangle orange "suivant. Bivouac sauvage à la sortie.

    Carving

     

    Mercredi 7 novembre - Jeudi 8 novembre :

    Je marche longuement sur des routes de campagne. Je contemple les champs occupés tantôt par des  ovidés tantôt par des bovidés. Le paysage à un air d' Ecosse avec toutes ces collines déboisées. Je decide de bivouaquer au debut de la" Morepork forest". J 'entends le bruit de la chouette ainsi qu'au loin celui de Kiwi bird. A la tombée de la nuit un animal semble déplacer des feuilles non loin de ma tente...Serait ce un Kiwi bird? Je n 'en saurai rien. Il fait nuit et une horde de mouches, de moustiques et de sandfly m' ont confinée dans ma tente toute la soirée. Au petit matin, c' est le bourdonnement de centaines d' abeilles qui m' interpelle. Des ruches ont été placées à l' entrée de la forêt et le lever du soleil marque le signal de leur journée de travail et une nouvelle journée de marche pour moi! La Morepork forest est très belle. J 'admire de nombreux manuka et une végétation basse avec différentes nuances de verts Magnifique! Le sentier large se fait un peu plus étroit et un peu plus dense par la suite mais rien à voir avec la" Raetae forest". 

    Après la traversée de la forêt, je rejoins la petite ville de Whananaki. Je suis amenée à traverser un champs occupé par de jeunes taureaux qui se dirigent en beuglant vers moi. J' hésite à me lancer...Un tracteur passe dans le champ voisin en répendant de l' engrais, les taureaux se ruent vers sa direction! C est la diversion inespérée! Je bondis dans le champ mais les revoilà qui reviennent vers moi. J 'ai juste le temps de franchir un petit pont et de m' arrêter ( les taureaux sont attirés par les mouvements d 'où la cape agitée par le matador dans l' arène). Le tracteur refait son apparition. Même scénario, j 'atteins ainsi la sortie. 

    A Whananaki, je refais quelques provisions puis je franchis le plus long pont à pied de l' hémisphère sud (395m). Je poursuis ma journée de marche sur le magnifique Whananaki coastal track. J 'installe ma tente avec vue sur mer près du monument en mémoire des naufragés du "Capitaine Bougainville" victime d une tempête.

    En contre bas sur la plage voisine, des habitants font retentir des feux d' artifice...J' admire le coucher de soleil sur les îles du large.

     Footbridge

     

    Vendredi 9 novembre - Samedi 10 novembre :

    Le Whananki coastal track longe la côte avec ses nombreuses plages privées et ses fermes. A proximité de Matapouri des surfeurs jouent sur les vagues. Je croise deux jeunes de retour de pêche. Ils me montrent leur prises du jour: des oursins et des "crayfish" (homard). Je traverse la Matapouri forest en grande partie exploitée pour sa pinède. Je traverse un fort agréable petit bush où je m' arrête une vingtaine de minutes pour écouter les bruits des oiseaux. J' arrive ensuite à Ngunguru (prononcez "Oungourou"). Je dois franchir l' estuaire et pars à la recherche d' une solution car impossible de le franchir à pied. En attendant je m' offre un beignet de moules fries...J 'ai besoin de recharger les batteries de mes appareils photos et pars à la recherche du camping indiqué sur ma carte. Mais il n 'y a rien! Un homme m' indique que le terrain de camping n' existe plus. Il s agit d un instit de Ngunguru. Il me convie à la fête de l' école organisée le lendemain soir et me propose de m emmener au camping de Tutukaka. J' y passe une nuit puis retourne à Ngunguru. C' est la marée montante et j' essaye de trouver une embarcation en vain. Je passe ma journée au bord de la rivière bordée par la mangrove. J' ai trouvé un endroit un peu a l' écart où je compte planter ma tente le soir. A ce même endroit je fais la connaissance      d' un couple vivant dans une maison juste à côté. Alice et Bob sont retraités et forts sympathiques. Ils me proposent de planter ma tente dans leur jardin. A peine arrivée sur leur terrain, ils m' invitent à dormir à            l' intérieur. Un canapé- lit, une douche, des toilettes, une serviette et du savon tout cela rien que pour moi! Le grand luxe! Quelques minutes après m' avoir tout expliqué, Alice et Bob quittent leur maison pour se rendre à un match de boxe carritatif...Je passe donc la soirée seule en regardant la télévision. J 'y apprends que la grande majorité des Neo Zelandais sont favorables à la conservation de leur appartenance à la couronne britannique plutôt qu' à la proclamation d une république qui receuille seulement 15% d 'opinions favorables. 

     

    Kauri

     

    Dimanche 11 novembre:

    Au matin, je discute avec Alice et Bob qui m' offrent le thé et me proposent de m' emmener au depart de la Matapouri forest" ce qui me permet d' éviter une longue marche de 30km sur la route pour contourner               l 'estuaire. La Matapouri forest n' a de forêt que le nom car elle est en grande partie deboisée. Je poursuis ma marche sur la route jusqu' à Pataua où je decouvre que le magasin d 'alimentation n' est ouvert qu' en décembre...Je bivouaque au début de la traversée de l'estuaire après plus de 30km de marche aujourd'hui. C'est marée haute et il faut la marée basse pour pouvoir traverser, elle doit être vers 1h du matin...La suivante est à midi, je patiente en réalisant une rose en flex. Je fais la rencontre d 'un couple qui vient tous les jours se promener le long de l' estuaire. Jane et Bob, tous deux retraités,il m' indique un numéro fixe sur un poteau pour contacter un passeur. Allant faire le plein d 'essence dans une autre localité ils me proposent de m' emmener de      l' autre côté de l' estuaire éloigné d 'à peine 3km de ma zone de bivouac. Je saute sur l' occasion d' autant que     l' on m' a dit hier que l' estuaire était très boueux et la rivière profonde même à marée basse. Je traverse la Kauri montain puis marche le long de l Ocean Beach. Une forte pluie s' abat le reste de la journée. Je décide de         m' arrêter à Ocean beach car la falaise que je dois emprunter ensuite est recouverte par les nuages. D 'abord installée à une table de pique nique sous un arbre, je suis rapidement invitée par un couple de suisse à venir      m' abriter dans leur camping car de location. J y passe ainsi le reste de l' après- midi à discuter avec eux pendant que la pluie s' abat au dehors. En debut de soirée la pluie se calme un peu ce qui me permet de planter la tente et de m y glisser.

    Ocean beach

     

     Lundi 12 novembre :

    La nuit est passée et la pluie s' en est allée. Je pars à la conquête des falaises de Bream head. La montée est raide mais la vue au sommet est gratifiante. Je suis la crête. Des montées et descentes se succèdent. La première descente à partir du sommet est raide et glissante. De nombreuses racines et rochers parcourent le sentier.        J' avance avec prudence et apprecie d' avoir avec moi mes bâtons de marche. A la sortie de Bream head la pluie se remet à tomber. Je rejoins Whangarei heads en faisant un bout de chemin sur la route puis sur le long de la côte. De l autre côté de la Whangarei river fument les cheminées de l' unique raffinerie de pétrole de Nouvelle Zelande. Elle est située ici car le site offre une profondeur d' eau suffisante pour les navires pétroliers et le risque de seisme y est peu important. Après m' avoir rendu de bons et loyaux services mes bâtons de marche sont sur le point de rendre l' âme. Je decide de rejoindre la ville de Whangarei située à 30km de là pour en acheter de nouveaux et me ravitailler. Je me mes donc à faire du stop. Une première voiture me dépose quelques kms plus loin. Une seconde m' emmène jusqu' à l' entrée de la ville...mais je la quitte brusquement car le conducteur        s' avère être un" crazy" guy qui prend les autostoppeuses pour des peripateticiennes...Le temps de rejoindre le centre ville à pied j' arrive trop tard pour me loger dans l 'auberge de jeunesse. Il n y a plus personne à la réception. Le camping est loin et hors de question pour moi de retenter le stop...Je pars à la recherche d' une autre auberge de jeunesse sans succès. Les rues sont désertes, peu d' éclairage, il fait nuit, impossible de planter ma tente ici, je ne me sens pas en sécurité. Le seul hôtel que j ai trouvé est un 3 étoiles...tant pis la sécurité       d 'abord... sac au dos, grosses chaussures de marche au pied je foule la moquette de la réception encore ouverte à 21h. Me voila dans une chambre avec lit double, télévision, bureau, mini-bar, salle de bain privée. J' ai réussi à négocier un petit rabais mais cette nuit me reviendra à l' équivalent de 10 nuits en camping...

    Crazy kiwi bird

     

    Mardi 13 novembre :

    Je passe cette journée à Whangarei. Je change mes bâtons de marche pour de nouveaux de la marque italienne Gabel et j' achète une nouvelle casquette car dans ma précipitation je l' ai oubliée dans la voiture du" crazy" guy. Dans le magasin, je fais la connaissance d Emelie, suédoise de 23 ans, qui vient d' entendre parler de la "Te Araroa Trail" quelques jours auparavant et souhaite se lancer dans l 'aventure. Elle m' assaille de questions sur mon équipement... puis me suis dans le supermarché pour voir ce que je prends. Il est trop tard pour rejoindre le sentier de la Te Araroa Trail et je decide de passer une nuit de plus a Whangarei mais cette fois-ci à l 'auberge de jeunesse. Emelie y est aussi hébergée. Elle suit mes préparatifs de reconditionnement de ma nourriture. Vers 22h elle me propose d' aller voir les vers luisants dans une cave à 15minutes de marche de l 'auberge. La Milkyway des vers luisants est magnifique. A la différence de ma précédente expérience à Waitomo ici je peux les voir de près de très près. Nous nous enfoncons dans une cave en forme de croix d' une dizaine de mètres. Emelie souhaite marcher quelques jours avec moi afin de tester son matériel et d' apprendre notamment à utiliser une boussole, et aussi à  franchir des rivières... Rendez vous est pris à Orewa d' ici une semaine.

    Mercredi 14 novembre :

     Je profite de la voiture d' un touriste francais rencontré à l' auberge de jeunesse pour gagner Marsden point de   l' autre côté de la Whangarei river à proximité de la raffinerie. Je marche sur la plage jusqu' à un estuaire. La mer descend et la marée basse sera là d' ici une à deux heures. Je tente de passer l' estuaire mais le courant est fort et l' eau encore profonde et je ne veux pas mouiller mon sac à dos. Trois jeunes passent en kayak mais refusent de m' aider à traverser. Ils m' indiquent le pont situé à plusieurs kilomètres de là. nouvelle tentative infructueuse. J ai pourtant optée pour le passage le plus large en partant d 'un banc de sable pour en rejoindre un autre. Soudain quelqu' un me fait signe de l' autre côté de l' estuaire en m' indiquant de remonter la rivière. "Are you Melanie?" me lance-t-il...Oui ! mais comment connait-il mon prénom? Qui est ce? Je ne me souviens pas avoir rencontré cette personne...Le jeune homme traverse à un endroit étroit de la rivière où l 'eau lui arrive à mi- cuisse et me rejoint. Philipp est allemand et sur la TAT comme moi. Il a lu le message que j' avais laissé avant d' entrer dans la" Raetae forest". Je traverse grâce à lui la rivière. Je passe une bonne partie de l' après midi au camping en sa compagnie puis en celle de son acolyte belge Arne. Je les quitte toutefois souhaitant rejoindre le camping DOC (Department of Conservation) où normalement le couple de suisses rencontré à Ocean Beach m' attend. Arrivée là- bas je ne les verrai pas, le mauvais temps des derniers jours a du les amener à quitter les lieux plus rapidement que prévu.

     Jeudi 15 novembre :

    Je poursuis ma marche le long de la plage jusqu 'à l' estuaire de la waipu river qui est une zone risquée à traverser. Je préfère donc le contourner par la route jusqu 'à Waipu. J' arrive à Waipu cove à midi. Il est tôt et je décide de continuer en traversant la forêt par le Brynderwyn walkway. La vue depuis les collines sous le soleil est splendide. Je redescends par un agréable sentier au milieu du bush puis me rapproche de la côte par une route de ferme. Vers 18h après 32km de marche je décide de planter ma tente près d un champ. Le sol est dur.          J 'enfonce difficilement mes sardines. J' appuie sur la dernière avec mon pied et CRAC! Elle se brise sous l' action de mon poids en mouvement ! Je râle, dire que j' avais planté mes sardines dans des sols particulièrement durs en Islande sans jamais en casser une seule mais à quoi bon râler ce qui est fait est fait! La nuit tombe et j' entends le cri d un possum tout proche "Kssss kssss". Lui aussi semble râler!

     400k

     

     


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