• Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

     

    Mercredi 18 juillet :

    Et voilà le jour du départ est arrivé! A Paris depuis deux jours, j'ai terminé mes derniers préparatifs. Le plus dur a été de réaliser la liste de nourriture car il faut que ce soit léger, peu volumineux et nutritif. Au final j'ai opté pour des repas à base de palets bretons, de barres types snickers et du lait pour bébé - c'est ce qu'il y a de plus calorique!

    Je pars donc avec un sac à dos de 15kg en soute (dont 8,5kg de nourriture - l'importation de nourriture est limitée à 3kg mais compte tenu des prix en Islande il vaut mieux payer une taxe à l'aéroport - si on se fait contrôler bien entendu ;-) ! ) et le reste de mes affaires en bagage à main.

    Le départ a lieu depuis l'aéroport de Paris Orly à 22h45 pour une arrivée à Keflavik à 00h10 (l'Islande est sur le fuseau horaire de l'Angleterre). J'envisage de rester dormir à l'aéroport si c'est possible ou de me rendre au camping de Keflavik.

    J'ai prévu de passer ma journée de demain à Reykjavik. Je compte envoyer un colis de nourriture dans le refuge de Dreki près d'Askja pour alléger mon sac au maximum.

     

    en  And now the day of departure has arrived! In Paris for two days, I finished my final preparations. The hardest part was to make a list of food as it needs to be light, less bulky and nutritious. In the end I opted for meals based shuffleboard Breton, bars and snickers and baby milk - is there more calories!

    So I start with a 15kg backpack in baggage (including 8.5 kg of food - food imports is limited to 3kg but it is better to pay a fee at the airport buy everything in Iceland (it s not cheap there!) I take the rest of my stuff in hand luggage.

    The departure is from Paris Orly airport at 22:45 and the arrival is at 0:10 arrival at Keflavik (Iceland is the time zone of England). I plan to stay overnight at the airport if possible or go camping at Keflavik.

    I will spend my first day in Reykjavik. I intend to send a parcel of food in the refuge called Dreki near Askja to have a lighter backpack.

     

    Jeudi 19 juillet :

    Après une nuit très courte dans l'aéroport de Keflavik, je prends le bus pour Reykjavik. Les bus de ville sont jaunes et marqués d'un S jaune dans un rond rouge pour "Straetó" . Je prends le bus n°14 jusqu'au camping.  Problème le trajet coûte 350 ISK,  j'ai 1000 ISK en billet et le chauffeur ne fait pas le change! Une passagère m'offre spontanément un ticket! Cette passagère dont je suis malheureusement incapable de retranscrire le nom me note sur un bout de papier la station correspondante au camping... Premières impressions positives les Islandais sont accueillants! Après avoir planté ma tente je fais un petit somme puis je pars à la recherche d'un supermarché. C'est l'occasion de me promener et de découvrir le quartier proche du camping. Je pars demain pour Akureyri au nord de l'Islande. 

    en   After a very short night in Keflavik airport, I take the bus to Reykjavik. City buses are yellow and marked with a yellow S in a red circle for "Straet ó" . I take the bus No. 14 to the campground. Problem it costs 350 ISK. I have 1000 ISK and the driver does not change! A woman spontaneously offered me a ticket! I am unfortunately unable to transcribe the name of this passanger. She notes on a piece of paper the name of the stop at the campsite ... First impressions are positive Icelanders are friendly! After I pitched up my tent I slept and then I went to a supermarket. This is an opportunity to walk and discover the area around the campsite. Iwill leave tomorrow for Akureyri in northern Iceland.

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

    Vendredi 20 juillet :

    Après une première nuit pluvieuse, je plie la tente cap au nord par la route principale et non la route touristique afin d'être parmi les Islandais. Le voyage dure 6h entrecoupé de pauses. Les fjords, les montagnes, les rivières défilent devant moi. Le paysage me fait penser aux highlands écossais. A Akureyri, j'apprends que le seul moyen d'envoyer un coli au refuge de Dreki est de se rendre à Myvatn... je dois donc reconsidérer mon itinéraire: partir de Myvatn le sac léger ou de Asbyrgi le sac plus lourd. Voici mon dilemme!

    Je passe la fin de la journée à Akureyri chez un couple de Suisse Allemand, Micha et Sabrina, arrivés en Islande il y a un peu plus d'un an. Micha m'emmène voir la chute de Goðafoss sur le fleuve Skjálfandafljót. Elle fait 12 mètres de hauteur sur 30 mètres de largeur. Son nom signifie "chute des dieux" car lors du passage au Christianisme les icones des anciens dieux y furent jetées. Nous en profitons pour faire quelques photos- il est amateur de timelapse - et au retour il me montre quelques unes de ces vidéos. Nous discutons longuement sur la culture et la prononciation islandaise. Je profite ensuite du soleil de minuit pour compléter le blog sur un clavier qwertz... C'est donc chez eux que confortablement installée dans leur canapé je passerai la nuit ce soir.

     

    en  After the first rainy night, I went by bus to the north. The trip takes me 6 hours with some breaks. I saw many fjords, mountains, rivers. The landscape reminds me Scotland. In Akureyri I learned that the only way to send a refuge to Dreki is to go to Myvatn ... so I have to reconsider my project : walk from Myvatn with a lightweight backpack or from Asbyrgi with a heaviest backpack. Here is my dilemma!

    I spent the rest of the day in Akureyri with a couple of Swiss German, Micha and Sabrina arrived in Iceland one year ago. Micha showed me the waterfall : Goðafoss of the Skjálfandafljót river. It is 12 meters high and 30 meters wide. Its name means "fall of the gods" because during the transition to Christianity icons of ancient gods were thrown here. We took some pictures. He did a timelapse. We talked about the culture and the Icelandic pronunciation. Then I completed the blog on a qwertzy keyboard...  

     

    Godafoss

     

      lien : Galerie Flickr de Micha

     

      Prononciation de l'Islandais :

     

      Quelques mots en Islandais :

    góðan daginn = bonjour 

    takk fyrir = merci 

      bless = au revoir 

     

    Samedi 21 juillet :

    Direction la jolie petite ville de Húsavík , cité portuaire donnant sur la mer du Groenland connue pour être le lieu idéal pour observer les baleines. Elles viennent se nourrir chaque été dans cette zone. Plusieurs espèces de baleines sont visibles dont la baleine de Minke, la baleine à bosse et la baleine pilote.

    Entre odeurs marines et couleurs vives des navires de pêche, j'ai l'impression d'être en terre connue. Des fulmars boréals se laissent porter par les vagues. Une femme pêche un poisson depuis le ponton. Le ciel est au gris et la mer est de plomb. Dans cette grisaille se détachent les maisons en bois colorées et la petite église de  bois datant de 1907.

     

    en    Direction the pretty little town of Husavik. This harbour city is known to be the ideal place for whale watching. They come to feed each summer in this area. Several species of whale can be seen like the minke whale, humpback and pilot whales.

    Between sea and colorful fishing boats, I feel like at home.    The sky is gray and the sea is lead.  There are colorful wooden houses and a wood church (1907).

     

    Husavik

     

    Dimanche 22 juillet :

    Je me rends à Asbirgy point de départ de ma traversée Nord-Sud pour relier la mer du Groenland à l'Océan Atlantique. Je n'ai pas envoyé de colis et c'est donc le sac chargé avec 20kg que je m'engage en direction du canyon en fer à cheval d'Asbyrgi. Je commence par emprunter un mauvais chemin ce qui m'amène à observer le canyon depuis une hauteur. Retour en arrière. Trop enthousiaste à l'idée de débuter enfin cette marche vers le sud, je suis la route de terre qui mène à Vesturdalur au lieu de suivre le sentier passant par le canyon. Je traverse une forêt de bouleaux rabougris mais comme le dit le dicton "Ef þú ert glataður í skóginum íslensku Statt" "Si tu es perdu dans une forêt islandaise, lève-toi!". Une petite pluie tombe quelques instants mais elle est rapidement remplacée par le soleil. Voilà près de deux mois qu'il n'a pas plu en Islande. Le temps semble plus stable aujourd'hui qu'il ne l'était autrefois. Les conséquences du réchauffement climatique? Un oiseau au long bec m'accompagne tout au long de cette journée poussant un cri d'alerte "i". Il semble s'agir d'un bécasseau. Le sac pèse sur mes épaules et c'est avec soulagement qu'au bout d'une vingtaine de kilomètres je gagne enfin Vesturdalur où je plante ma tente. Je pars crapahuter ensuite dans ce très bel endroit entre pierres volcaniques, lichens, fougères et fleurs... Prendre son temps est une façon agréable de voyager. Pour sûr, je sais déjà que je ne battrai pas un record de vitesse mais tel n'est pas mon but!

     

     en  I go to Asbirgy starting point of my north-south long hike. I did not send parcels. With the bag loaded with 20kg I am committed towards the canyon horseshoe Asbyrgi. I started by a wrong path which leads me to observe the canyon from a hill. Go back. Too excited to begin the march to the south, I follow a 4 wheels road that leads to Vesturdalur instead of following the path through the canyon. I walk through a forest of stunted birch, but as Icelandics say "On ÞÛ ert glataður í skóginum íslensku Statt" "If you're lost in an Icelandic forest, stand up!". A little rain falls a few moments but it is quickly replaced by the sun. For nearly two months it did not rain in Iceland. Weather seems more stable now than before. The consequences of global warming? A bird with a long beak followed me all the day pushing a warning "i" . It seems to be a sandpiper . The bag is heavy on my shoulders and it was with pleasure that after twenty kilometers I finally stopped in Vesturdalur.  I pitched up my tent. I went then in this lovely place between volcanic rocks, lichens, ferns and flowers ... Take your time is a great way to travel. For sure, I already knew I will not do a speed record but this is not my goal!

    Vesturdalur

     

    Lundi 23 juillet :

    Il pleut de façon continue. Le ciel est complètement bouché. Que faire? Partir au risque de ne pouvoir voir les beautés du coin ou attendre en espérant que le temps change. Dans une logique de performance faire du kilomètre primerait et pluie ou pas pluie il faudrait avancer. Mais à mon sens le véritable voyageur nomade est celui qui prend le temps de voir, de découvrir.  Avoir le temps d'attendre est un privilège, un luxe que bons nombres de touristes n'ont pas. J'ai le temps, j'attends!

    Le vent se lève doucement avec l'espoir que la pluie s'éloigne. La clarté semble poindre son nez malgré la pluie. Je décide de sortir me promener vers la partie nord de Vesturdalur en laissant mes affaires dans ma tente. L'endroit est étonnant. Les formations volcaniques de basaltes surgissent en prenant des formes parallélépipédiques. Le cadre est verdoyant. Je grimpe sur les crêtes d'anciens volcans vêtus de noir et de rouge avant de regagner mon campement.  Un couple d'Autrichiens installés dans la tente voisine m'invite à boire le thé et à déguster de délicieux biscuits à la cannelle. Le ciel est bas, il fait froid. Je tente un départ en fin de journée mais je reviens rapidement sur mes pas.  La pluie redouble d'intensité. Je resterai une nuit de plus à Vesturdalur.

     en  It's raining steadily. I couldn't see anything. What to do? Leave without seeing the beauty of the area or wait and hope that the weather will change. In my opinion the true nomadic traveler is one who takes the time to see, to experience. Have the time to wait is a privilege, a luxe that many tourists have not. I have time, I'm waiting!

    The wind rises slowly with the hope that the rain goes away.   I decided to walk a little bit in the northern part of Vesturdalur leaving my stuff in my tent. The place is amazing. The volcanic basalt formations arise taking rectangular shapes. The frame is green. I climbed the peaks of ancient volcanoes before returning to my campsite. A couple of Austrians settled in the neighboring tent invited me to drink tea and enjoy delicious cinnamon biscuits. The sky is low, it's cold. I try a start late at the end of the day but I quickly went bac.   The rain redoubled intensity. I will stay one more night in Vesturdalur.

     

     

    Mardi 24 juillet :

    La pluie tombe toujours mais avec moins d'intensité. Je décide de poursuivre ma marche vers le sud. Je longe la gorge depuis les crêtes. La végétation y est tantôt rase tantôt plus haute. De petits bouleaux au tronc argenté apparaissent ici et là. La pluie cesse. Je descend ensuite dans le canyon où je franchis ma première rivière. De jolies petites cascades se succèdent. Je regagne de nouveau les hauteurs. Le vent souffle. La végétation laisse place à un espace aride fait de cailloux et de terre sablonneuse noire. Le fleuve que je vois est le Jökulsá á fjöllum "rivière des montagnes" né de la fonte du glacier Vatnajökull. C'est l'un des plus longs fleuves d'Islande (206km). La suite de mon itinéraire est fait d'une alternance de montées et de descentes. Je suis le sentier longeant le fleuve où je profite du spectacle d'une puissante cascade créant un nuage de pluie. Après avoir traversé une zone marécageuse, je franchis un éboulis dans une pente. Je dois ensuite regagner les hauteurs en grimpant une pente raide. La paroi devient de plus en plus abrupte au point qu'une corde a été mise en place sur cet itinéraire. J'attache mes bâtons de marche à mon sac et je saisis fermement la corde. C'est parti! Surtout ne pas glisser, ne pas tomber! Avec le poids du sac l'escalade n'est pas aisée mais je finis par parvenir en haut. Un peu plus loin, des dunes de sable noir balayées par le vent émergent du tapis rocheux. Quelques graminées poussent ici et là. De leur danse avec le vent naît un cercle parfait. Au bout de deux kilomètres, un grondement se fait entendre. Des litres d'eau se précipitent brutalement depuis une quarantaine de mètres. C'est la chute d'eau de Dettifoss, la plus puissante d'Europe, avec un débit de 200m3 par seconde. Je plante ma tente dans la zone de bivouac prévue par les rangers du parc du Vatnajökull. Deux jerrycans d'eau sont à disposition. A cet endroit je fais la rencontre d'un couple de Belges : Delphine et Arnaud qui seront mes compagnons de route jusqu'à Myvatn.

     

    en  The rain is still falling, but with less intensity. I decided to continue my journey to the south. I walked along a gorge. The vegetation is sometimes shaves sometimes higher. Small silver birch trees appear here and there. The rain stops. I then descends into the canyon where I passed my first river. Pretty small waterfalls succeed. I returned again on the ridge. The wind blows. Vegetation gives way to a dry space made ​​of black pebbles and sandy soil. The river I see is the J ökulsá á Fjöllum "River Mountains" born of melting glacier Vatnajökull. This is one of the longest rivers in Iceland (206km). I walk after that with many up and down. I follow the path along the river where I'm enjoying the spectacle of a powerful waterfall creating a rain cloud. After crossing a marshy area, I crossed a scree slope. I have to climb a steep slope then. The slope is steeper : a rope was placed on this route. I attach my walking sticks in my bag and I firmly seized the rope. Let's go ! Please do not slip, do not fall! With the weight of the backpack climbing is not easy but I finally reach the top. Later the black sand dunes  appears. Some grasses grow here and there. Their dance with the wind draws a perfect circle. After two kilometers, a rumbling is heard. Gallons of water rushing abruptly from forty meters. This is the waterfall Dettifoss, the most powerful in Europe, with a rate of 200 m 3 per second. I pitch my tent in the bivouac area. Two jerry cans of water are available. Here I met a Belgian couple Delphine and Arnaud. They will be my companions to Myvatn.

     

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    Mercredi 25 juillet :

    La nuit a été particulièrement froide au point de sortir la couverture de survie pour me protéger du froid venant du sol. A 8h nous partons en direction du lac Eilifsvötn en faisant du hors piste sur des bosses recouvertes d'une végétation rase de type bruyère. Nous ne marchons plus mais bondissons de bosse en bosse. La progression n'est pas aisée heureusement que quelques zones planes caillouteuses viennent s'intercaler ici et là. Nous sommes amenés à franchir quelques clôtures délimitant les zones de pâturage des moutons. Nous atteignons enfin le lac Eilifsvötn par le sud-ouest. Nous le longeons jusqu'à une petite crique de sable noir où nous décidons de camper. Arnaud a avec lui une canne à pêche et part taquiner la truite ("bleikja" en islandais) pendant que Delphine et moi ramassons quelques racines sèches d'azalées pour se faire un petit feu. Aucun arbre ne pousse dans cet endroit. Le feu sera de courte durée. Un cri retentit soudain. Arnaud a pêché une truite omble chevalier qu'il relâche aussitôt car elle était trop petite. A peine quelques minutes après, cela mord de nouveau. Cette fois la truite est de belle taille pour être gardée. Il relance et de trois! Les prises se multiplient. Arnaud en pêche ainsi une dizaine. Delphine réussit à en attraper une mais elle parvient à se détacher. Quand à moi, je suis bredouille...Nous en gardons trois. Voilà notre repas du soir! Accompagnées de jambon sec et de soupe, nous nous régalons dans un cadre magnifique. Quelle belle journée!

     

    en  The night was particularly cold. At 8am we head towards Lake Eilifsvötn by off-track bumps covered with short vegetation. We no longer walked but jumped from bump to bump. The increase is not easy fortunately. Some rocky flat areas are intercalated here and there. We crossed some fences. Finally we reach the lake Eilifsvötn n the southwest. We went along to a black sand cove where we decided to camp. Arnaud had with him a fishing line and fish trouts ("bleikja" in Icelandic). Delphine and I picked up some dry azalea roots to make a small fire. No trees grow in this place. The fire will be short-lived. Suddenly a shout. Arnaud caught a trout. He released because it was too small. Just a few minutes after he caught another trout. This time the trout is a good size to be kept.  Arnaud caught ten trouts. Delphine managed to catch one but the fish escaped. Nothing for me! ... We kept three of the ten. This was our dinner! With dry ham and soup, we ate the fishes. Yummy! What a beautiful day!

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    Jeudi 26 juillet :

    Marcher dans les bosses a laissé quelques traces : les pieds sont un peu meurtris. Nous prenons la direction du sud pour rejoindre Krafla puis le lac Myvatn. Nous commençons pas progresser de nouveau sur un champ de bosses avant d'atteindre des zones caillouteuses puis sablonneuses. Marcher sans suivre de sentier est particulièrement excitant en pensant que l'on marche à un endroit jamais foulé auparavant. Au loin se dévoile la coulée de lave de 1984. Nous poursuivons en la laissant sur notre droite. Arrivés à Krafla, nous gravissons le Viti Krafla. C'est un feu d'artifice de couleurs qui s'offre à nous : jaune, bleu, rouge, blanc... Une odeur de souffre se fait sentir. L'intérieur des cratères est rempli d'une eau couleur turquoise. L'endroit est surréaliste. Delphine et Arnaud décident de rejoindre Reykjahlid la ville au bord du lac Myvatn par le bus - ils le feront en fait en stop. Quant à moi, je décide de continuer à pied. Je commence d'abord par marcher sur un champ de lave encore fumant par endroits. C'est le Leirhnjúkur. Cette zone est potentiellement dangereuse car très active. Il est recommandé de ne pas quitter les sentiers balisés. Je suis donc le sentier pédestre à travers une immensité noire. La lave refroidie prend de multiples formes : plaques torsadées, roches rugueuses. Le poids du sac pèse de plus en plus. Mes jambes sont lourdes et mes pieds douloureux. Le ciel s'assombrit. Je grimpe sur une hauteur pour ensuite suivre une interminable descente. Près de 3h après avoir quitté Delphine et Arnaud, j'atteins enfin le camping de Myvatn. Je suis épuisée et j'arrive trop tard pour me ravitailler au supermarché. Delphine et Arnaud m'accueillent en partageant l'apéro chips, jus de pomme et cacahuètes. 

     

    en  Walking through the bumps left some traces: we had some blisters! We continued to reach Lake Myvatn and Krafla. We reached rocky and sandy areas. Walking without following the trail is particularly exciting to think that we are in a place where nobody came before.   We continue leaving the lava flow of 1984 on our right. Arrived at Krafla, we climbed the Krafla Viti. This is a firework of colors : yellow, blue, red, white ... A smell of sulfur arised. The interior of the crater is filled with a turquoise water. The place is surreal. Delphine and Arnaud decided to go to Reykjahlid close to Lake Myvatn by bus. I decided to continue by feet.  I started by walking on a lava field still smoking in places. This is the úkur Leirhnj. This area is potentially dangerous because very active. It is recommended not to leave the marked trails. I'm walking the trail through a black immensity. Cooled lava takes many forms: twisted plates, rough rocks. The backpack is heavier and heavier. My legs were heavy too and my feet painfull. The sky became dark. I climbed to a hill and then went down by a long descent. Nearly 3 hours after leaving Delphine and Arnaud  I finally reached the campsite of Myvatn. I'm exhausted and I arrived too late to refuel at the supermarket. Arnaud and Delphine welcomed me by sharing chips, apple juice and peanuts.

    Krafla

     

    Vendredi 27 juillet :

    Aujourd'hui c'est journée de repos! J'ai accompli la première partie de ma traversée Nord-Sud. Mes pieds ont souffert de la marche de la veille et quelques ampoules sont apparues au niveau des talons. Il fait beau et chaud et pourtant le doute m'envahit. Poids du sac, pieds endoloris, distances importantes entre les refuges...je me demande si je suis capable de poursuivre à pied. Ce projet me tient à coeur mais le voyage ce n'est pas la performance... Que faire? Continuer ou arrêter. Je décide de prendre l'air pour me changer les idées. A mon retour au camping, je retrouve Delphine et Arnaud de retour de promenade. Assis au bord du lac, nous prenons notre repas. Pour cette dernière soirée ensemble, nous décidons d'aller prendre un verre dans un pub islandais de Reykjahlid. Les Islandais ont pour habitude d'aller faire la tournée des bars le runtur le vendredi soir. Nous sommes vendredi et le pub est bondé et animé. Nous goûtons les bières locales. La Gamli de Myvatn est de loin notre préféré. Il est étonnant de savoir que la bière était interdite en Islande jusqu'en 1989. Pour contourner la loi, les bars proposaient de la bière sans alcool (Pilsner) mélangée à de la vodka. Nous testons ensuite l'alcool traditionnel islandais : le Brennivin. Il s'agit d'un alcool fort de pommes de terre aromatisé au carvi. Cette eau de vie porte le nom peu engageant de "svarti dauði" (mort noire). Nous terminons la soirée en discutant longuement au camping. C'est quelques jours passés en compagnie de Delphine et Arnaud furent vraiment extra!

     

    en  Today is a rest day! I completed the first part of my North-South crossing. My feet have suffered and a few blisters appeared. It's nice and warm but I doubt. Weight of the bag, painful feet, long distances between shelters ... I wonder if I can continue by feet. This project is important to me but the travel is not a performance ... What to do? Continue or stop. I decided to go for a small walk to change my mind. When I returned to the campsite, I found Delphine and Arnaud. Sitting by the lake, we ate. For this last night together, we decided to go for a drink in an Icelandic pub. Icelanders are accustomed to go bar on Friday night. It's Friday and the pub was full. We taste the local beers. The Gamli is our favorite. It is amazing to know that beer was banned in Iceland until 1989. To circumvent the law, bars offered the non-alcoholic beer (Pilsner) mixed with vodka. We tested the traditional Icelandic alcohol: the Brennivin. There is a strong alcohol potatoes flavored with caraway. This beer is called "Svarti ði dau" (Black Death).   We finished the evening by speaking at the campsite. To meet Delphine and Arnaud was really nice!

     

    Voyage sur la planète Islande par Delphine et Arnaud

     


     

    Samedi 28 juillet :

    Après une nuit de réflexion, ma décision est prise : je continue ! Compte tenu de la chaleur importante de ces derniers jours et de la raréfaction de l'eau dans les champs de lave, j'emporte 3L d'eau avec moi. Etrangement le sac ne me paraît pas si lourd. Je commence par suivre le bord est du lac Myvatn accompagnée par une nuée de moucherons. Leur présence m'agace rapidement et je me coiffe de la moustiquaire de tête. Le lac de Myvatn est un lieu privilégié pour les oiseaux. On y trouve un nombre importants d'espèces de canards. Arrivée au sud du lac, je m'engage sur une piste qui me conduit à proximité d'une coulée de lave. Le soleil cogne. Le sol est asséché. J'ai l'impression de progresser dans un désert chaud. Arrivée près de la montagne Sellandjafjall, je constate que les premiers cours d'eau indiqués sur ma carte sont à secs. Je crains de ne pouvoir aller plus loin.  C'est alors que je vois deux autres randonneurs. Je me dirige vers eux et ce n'est pas deux mais quatre randonneurs que je découvre. Baron (Thomas), Riquette (Enrique), Gaëg (Gaëtan) et Carter (Adrien) sont Français et comme moi ils veulent traverser du Nord au Sud l'Islande. Ils sont partis de Myvatn. Je me joins à eux pour bivouaquer juste au pied du Sendjafall. Comme moi, ils sont à la recherche de l'eau. Carter part en emportant les gourdes de chacun. Il finit par trouver une rivière 900m plus loin. Je partage avec eux le repas du soir. Ils m'offrent un morceau de fromage, quelques abricots et une tisane accompagnée d'eau de vie de pomme. C'est la convivialité des randonneurs!
     

    en  After a night of reflection, my decision was to keep walking! I took 3L of water with me because it was very warm and there are very few water in the lava fields. Strangely the bag does not seem so heavy. I start to follow the edge of Lake Myvatn accompanied by a swarm of gnats. Their presence irritates me quickly and I used the headnet. Lake Myvatn is an ideal place for birds. There are many different ducks. Arrival at South Lake, I followed a path and I reached a lava flow. It was very sunny. The soil was dry. I feel walking in a hot desert. Close to the Sellandjafjall mountain, I saw that the first stream shown on my map was dry. I was thinking I could not go further. But I saw two hikers and after few minutes two hikers more. Baron (Thomas) Riquette (Enrique), GAEG (Gaetan) and Carter (Adrien) are French and like me they want to cross from north to south Iceland. They left Myvatn. We camped together at the bottom of Sendjafall. Like me, they were looking for some water. Carter found a river 900m away and filled all the bottles. During the dinner they offered me a piece of cheese, a few apricots and tea accompanied by brandy apple!

     

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    Dimanche 29 juillet :

    Tandis que l'équipe des quatre part gravir le Sellandjafjall, je poursuis mon chemin en le contournant dans une zone de toundra. Je découvre rapidement un cours d'eau où je remplis mes gourdes. Le paysage devient de plus en plus aride. La végétation laisse place à un champ de lave dans lequel je m'engage. J'ai décidé de ne pas suivre la piste qui fait un large détour pour rejoindre le refuge de Botni. Je coupe donc à travers champ. La boussole et le GPS n'indiquent pas le nord dans la même direction. Il y a un écart de 20° ouest entre le nord magnétique et le nord géographique. C'est ce qu'on appelle la déclinaison magnétique. La boussole s'avère être peu fiable car elle est perturbée par les forces magnétiques venant du sol. Je navigue donc grâce au GPS à travers des dunes de sable noir et des morceaux de lave. La progression est lente et interminable. Le refuge de Botni m'apparaît que dans les derniers deux cents mètres. Deux personnes s'affairent. Il s'agit d'organisateurs d'une randonnée itinérante pour une douzaine de personnes. Le refuge sera donc plein ce soir. Je plante ma tente à proximité. Une petite retenue d'eau fait face au refuge. J'en profite pour y tremper mes pieds et faire une toilette sommaire. A l'heure de dîner, je retrouve l'équipe des quatre arrivée en fin d'après-midi. Les randonneurs islandais ont organisé un barbecue. Ils nous invitent à partager leur repas. Au menu viande de mouton grillé, viande de porc, salade de légumes et vin rouge italien ! Bienvenue en Islande!

    en While the team of four climbed the Sellandjafjall, I followed my own path, skirting an area of tundra. I discovered a stream where I filled my water bottles quickly. The landscape becomes increasingly arid. Vegetation gives way to a lava field in which Iwalked. I decided not to follow the trail who makes a wide detour to reach the refuge Botni. I took a short cut across the field. Compass and the GPS does not indicate north in the same direction. There is a difference of 20 ° west between magnetic north and true north. This is called magnetic declination. Compass is unreliable because it is disturbed by the magnetic forces from the ground. So I navigated with GPS through the dunes of black sand and pieces of lava. Progress was slow and long. I could only see the refuge Botni in the last two hundred meters. Two people were busy there. They were preparing the hut for a dozen people.   I pitched my tent nearby. There is a small lake. I went to soak my feet and did a summary toilet. At dinner, I found the four french guys. Icelandic hikers did a barbecue. They invited us to share their meal :  roasted lamb meat, pork, vegetables and Italian red wine! Welcome to Iceland!

     

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

     

    Lundi 30 juillet :

    Départ pour une journée à travers un champ de lave. Bienvenue dans "l'enfer noir"! Je progresse en suivant la piste guidée par les cairns noirs dans des amoncellement de roches noires sur un sol de sable noir. Pas facile de s'y retrouver ! Les traces laissées par les 4x4 sont d'une aide utile. Le soleil brille. Il fait chaud. Mes pieds sont meurtris par plusieurs ampoules mais je marche sans quasiment m'arrêter. Au bout de plusieurs heures, je finis par quitter la lave pour gagner un vaste désert de sable noir encadré par des montagnes ornées pour certaines de névés. Deux kilomètres avant l'arrivée au refuge de Dyngufjell, j'aperçois l'équipe des quatre descendant d'une montagne. Nous nous retrouvons au refuge où coule un petit cours d'eau (qui apparemment peut être à sec rapidement en fonction du moment de la journée mais avec la chaleur de ce jour il ne s'asséchera pas). Le refuge est désert et la liste des réservations n'indique aucun groupe pour ce jour. Quelle aubaine! Nous voilà donc installés dans ce très confortable refuge. Je profite du cours d'eau pour me laver entièrement. L'eau est chaude et c'est agréable. Un couple d'Allemands a donné à Gaëg des plats lyophilisés que nous partageons. Ces rations supplémentaires sont les bienvenues! Nous terminons cette journée par une partie de cartes (nous jouons à la "bataille corse" mélange de Uno et de Jungle speed).

     

    en  I started to walk through a lava field. Welcome to the "black hell!" I was guided by black cairns in pile of black rocks on a black sand floor. Not easy to navigate! The traces left by 4x4s were very useful. The sun shone. It was hot. My feet were painful from the walk. I had several blisters but I was still walking without any stop. After several hours, I finally left the lava fields to reach a vast desert of black sand framed by mountains. Two kilometers before arriving at the Dyngufjell hut I saw the four uys coming down from a mountain. We met at the shelter where there is a small stream (which apparently can be dry quickly depending on the time of day but today it was not). The hut was empty and the booking list indicated no group for that day. What a deal! So here we were settled in this very comfortable hut. I took a bath in the stream. The water was warm and it was nice. A German couple gave to GAEG dried food. We shared it. These additional  food were welcome! We spent the evening to play cards (we play the "Corsican battle" mixture of Uno and Jungle speed).

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    Mardi 31 juillet :

    Dernier jour du mois et une journée qui promet d'être grandiose! Et pour commencer rien de mieux que de prendre de l'altitude. J'alterne montées et marches sur de vastes plateaux de sable puis de lave jusqu'à atteindre une première pente enneigée.  C'est un vrai plaisir que de marcher sur les névés. Après plusieurs heures de montée, j'atteins la crête des Dyngjufjöll (montagnes de la caldeira d'Askja). Askja signifie d'ailleurs caldeira en islandais. Je descends ensuite par une pente enneigée en glissant comme si je faisais du ski. Je poursuis ma route en longeant les flancs de la caldeira. J'évolue sur de la neige. Cela change des cailloux! Pleine d'entrain à l'idée de découvrir le lac Viti, je me mets même à trottiner sur la neige. Le fond de la caldeira est recouvert d'un vaste champ de lave. Dans sa partie Est se trouve un large lac bleu foncé l' Öskjuvatn. Après avoir traversée un champ de lave sans aucun balisage, je gagne enfin le cratère de Viti. Il s'agit d'un maar, cratère volcanique d'explosion. Il est rempli d'une eau turquoise sulfureuse. C'est un "hot pot", un point chaud. Une odeur de souffre se dégage. Je descends la pente raide du cratère pour m'y baigner. L'eau n'est pas si chaude que cela (28°C environ). L'odeur de souffre est forte et s'impreigne à mon maillot de bain et à mon bracelet brésilien mais c'est grandiose ! Je poursuis ensuite vers Dreki. La caldeira est active comme en témoigne les fumeroles qui se dégagent par endroits. Je la quitte en grimpant une pente bien raide. La vue depuis la crête est magnifique! J'entame ensuite une longue descente qui me paraît sans fin. Il est 19h30 quand j'arrive enfin au refuge de Dreki après 8h30 de marche. Quelle journée fantastique !

     

    en  Last day of the month and a day that promises to be great!   I alternated climbs and descents to reach a first snowy slope. It was a real pleasure to walk on the snowfields. After several hours of climbing, I reached the ridge of Dyngjufjöll (mountains of the Askja caldera). Then I went down by a snowy slope. I was skiing. I went around the caldera. Walking on the snow changed from walking on stones! I discovered the Viti lake. The bottom of the caldera is covered by a vast lava field. In its eastern part there is a wide dark blue lake : Öskjuvatn. After crossing the lava field with no markup, I finally won the crater Viti. It is a maar ( volcanic explosion crater). It is filled with a sulfurous turquoise water. It is a "hot pot", a hot spot. The smell of sulfur is released. I went down by the steep  slope to the crater. I took a bath. The water was not so hot  (28 ° C). The smell of sulfur was strong and my swimsuit and my Brazilian bracelet smelled a long time after! Then I kept walking in the direction of Dreki. The caldera is active :  fumaroles can be seen in different places. I left by climbing a very steep slope. The view from the top was beautiful!Then I began a long descent that seemed endless. It was 7:30 p.m. when I finally arrived at the hut after 8:30 Dreki of walking. What a fantastic day!   

     

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    Mercredi 1 août :

     Je quitte Dreki et rejoins un vaste désert de sable noir au nord de la plus grande calotte glacière d'Islande : le Vatnajökull. Je marche donc dans du sable, puis dans du sable et enfin dans du sable. Quelques 4x4 passent en dégageant des nuages de sable. L'un d'entre eux s'arrête et me demande si tout va bien. Il me prévient que les rivières glaciaires sont peu profondes mais très fortes en fin de journée. Il est 11h et je suis encore loin de la zone inondable. Il ne faut pas traîner. Je marche sans m'arrêter rattrapant l'équipe des quatre qui s'est octroyé une pause d'une heure. Nous partons ensemble mais je suis vite distancée. Je continue à marcher seule comme à l'accoutumée. Le vent souffle par endroits créant des tornades de sable. J'appréhende les sables mouvants. Pas question de franchir la vaste étendue de rivières glaciaires aujourd'hui.  Avec l'équipe des quatre nous avons convenu d'une zone de bivouac à l'écart de la zone inondable. Je franchis une courte rivière glaciaire et les retrouve sur l'autre rive. L'eau de la rivière glaciaire grossit rapidement en cette fin de journée. Nous plantons nos tentes dans le sable à l'aide de gros cailloux ramassés sur les pentes en contre haut. Le vent se lève et souffle avec force. Le sable s'engouffre sous la tente. Il y a du sable partout: sur mes mains, dans mes cheveux, sur mes affaires... Au milieu de la nuit le vent finit par se calmer et je m'endors enfin...pleine de sable.

     

    en   I left Dreki and reached a vast desert of black sand at the north of the largest glacier in Iceland: Vatnajökull So I walked in the sand in the sand and then finally in the sand.. Some 4x4 passed, releasing clouds of sand. One of them stopped and asked me if everything was well. He warned me that the glacial rivers are shallow but could be very strong in the late afternoon. It was 11am and I was still far from the flood zone.   I decided to walk without stopping and caught the four french guys during their one-hour break. We started together but I was quickly distanced. I continued to walk alone as usual. The wind blew in  some places creating tornadoes of sand. I dreaded the quicksand. No way to cross the vast expanse of glacial rivers today. With the guys we have decided to choose the same bivouac area away from the flood zone. I crossed a short glacial river and found them on the other side. The water of the glacial river grew rapidly at the end of the day. We pitched our tents in the sand with stones collected on the slopes. The wind blew stronger. Sand came under the tent. There is sand everywhere on my hands in my hair, on my gear ... In the middle of the night the wind finally stopped and I finally fall asleep ... full of sand.

     

    Au nord du Vatnajökull

     

    Jeudi 2 août :

    Au matin ma tente est méconnaissable : originellement verte, elle est devenue marron foncé ! Je tente d'enlever le sable sans grand succès. Il adhère à tout. L'équipe des quatre part avant moi en direction du refuge de Kistufell. Je marche dans le lit des rivières glaciaires qui est asséché le matin. Je rejoins un peu plus loin Baron, Riquette, Gaëg et Carter. Ils se sont arrêtés pour faire fondre de la glace et se réapprovisionner ainsi en eau. Je fais de même tandis qu'ils repartent. Une fois mes deux gourdes remplies d'un mélange d'eau et de glace, je poursuis mon chemin. Les rivières glaciaires ne sont pas encore apparues quand je gagne une coulée de lave. Je grimpe une pente de cailloux. Au bout d'un moment, je me retrouve sur la piste qui mène au refuge. Je passe près du mont Kistufell. A 14h30 j'arrive enfin au refuge de Kistufell. L'équipe des quatre y est depuis déjà deux heures et se préparent à repartir ! Ils comptent se rendre en deux-trois jours au refuge de Nyidalur pour récupérer leur second colis de nourriture. Je suis épuisée. La mauvaise nuit passée ne m'ayant pas permis de récupérer de la longue journée de marche de la veille, je décide finalement de ne pas les suivre et de rester au refuge. Je ne reverrai plus l'équipe des quatre mais je ne doute pas qu'ils aient fini la traversée jusqu'à Skogar. Je suis seule dans le refuge d'urgence. Je me lance dans la lecture des livres d'or et retrouve les messages laissés par Olivier du site randonner léger lors de sa traversée Est-Ouest, par l'Américain Andrew Skurka lors aussi de sa traversée Est-Ouest et par Jérôme Jauffres qui a effectué la traversée Nord-Sud en onze jours! Je laisse à mon tour une trace de mon passage. Le refuge est propre et confortable. J'apprécie de pouvoir ainsi me pauser dans un abri en dur. Mon pied droit est légèrement gonflé, je découvre une nouvelle ampoule...cela ne me dit rien de bon mais je verrai bien demain ce qu'il en sera. J'ouvre les tiroirs, les placards, les cartons... et finis par trouver un sachet de thym "Les 3 marmottes" ainsi qu'un paquet de lingettes pour bébé. J' entreprends alors un minutieux nettoyage de mes pieds et en profite pour enlever la couche de sable qui recouvre mon visage, mes mains...

    en  In the morning my tent was unrecognizable : originally green it became dark brown! I tried to remove sand without much success. It sticked to everything. The four guys strated before me in the direction of Kistufell. I walked in the bed of glacial rivers dried up in the morning. I joined a little later Baron Riquette, GAEG and Carter. They stopped to melt the ice. I did the same and they left at this moment. Once my two water bottles filled with a mixture of water and ice, I kept walking. Glacial rivers were not yet appeared when I reached a lava flow. I climbed a slope of rocks.  I found a 4 wheel track leading to the shelter. I passed near Mount Kistufell. At 14:30 I finally arrived to the Kistufell hut. The french team was here two hours ago and were ready to leave! They had to go in two or three days to  Nýidalur hut where their second food parcels was. I was exhausted. The bad last night did not allow me to recover from the long day of walking of yesterday. I finally decided not to follow them and staid at the shelter. I will never meet again the french team but I do not doubt they have finished crossing to Skogar. I was alone in the emergency shelter. I started reading the guestbooks and found messages from Olivier Site like hike when he crossed through East-West, from the American Andrew Skurka  and from Jerome Jauffres who crossed from North to South in eleven days! I wrote too. The shelter was clean and comfortable.   My right foot was slightly swollen, I discovered a new blister ... it does not tell me anything good, but I'll see what will happen the next day. I opened the  cupboards, boxes ... and finally found a bag of thyme "The three marmots " and a package of baby wipes. I did a cleaning of my feet and used it to remove the layer of sand covering my face, my hands ...

     

     

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    Vendredi 3 août :

    Lever 6h40. Je pousse un soupir de soulagement : mon pied est désenflé! Je pars avec une casserole récupérer de la glace pour la faire fondre et remplir de nouveau mes gourdes. Je prends mon temps ce matin. Je quitte le refuge vers 9h. La journée commence par un champ de lave entrecoupé par des espaces de sable. Le vent souffle par instant formant des tornades de sable. Je franchis un premier gué sans problème chaussettes néoprènes et sandales plastiques aux pieds. J'enchaîne ensuite par un gué plus important. Les heures passent et les rivières glaciaires grossissent rapidement. Histoire d'aller plus vite je passe cette fois-ci pieds nus le fond étant sablonneux. Quelle idée! Oh que c'est FROID !!! Je serre les dents. J'ai les pieds gelés ! Les chaussettes néoprènes ne sont finalement pas un luxe! Nouveau gué et cette fois-ci je n'hésite pas : j'enfile les fameuses chaussettes. L'eau, chargée de sable volcanique, m'arrive mi-mollet par endroits et je passe sans encombre. La suite du parcours se fait plus caillouteuse. Un petit gué me barre la route. Je décide de passer par dessus. Je prends mon élan à l'aide des bâtons de marche et .... VLAN ! La réception avec le sac sur le dos est catastrophique : me voilà étalée de tout mon long de l'autre côté! Heureusement rien de cassé, juste quelques égratignures à la main et au genou gauche. Je croise les rangers du parc national du Vatnajökull. J'en profite pour leur demander quelques informations sur les possibilités de franchir les rivières pour me rendre dans le Vonarskard et si il est possible d'acheter des vivres au refuge de Nyidalur. Ils me conseillent de faire un détour pour passer par un pont car les rivières sont importantes et le courant fort. Concernant la possibilité de me ravitailler, ils me répondent négativement et m'offrent un pain complet pour me permettre de poursuivre mon voyage. J'ai encore de quoi manger mais je commence à avoir faim - les quantités consommées ne sont pas assez importantes. Après plusieurs jours dans l' "enfer noir" je retrouve l'espace d'un instant un peu de mousse et de l'eau claire. La suite de la journée est une longue marche pour rejoindre le pont en suivant une piste de 4x4 parmi les cailloux. Je décide de planter ma tente à proximité du pont dans un espace relativement abrité du vent. Ce soir mon pied n'est pas enflé : tout va bien !

     

    en  Sunrise at 6:40. My foot was less swollen! I started to melt some ice and refilled my water bottles. I took my time this morning. I left the hut at 9am. The day began with alternance between lava field and sandy areas. The wind was now forming sand tornadoes. I crossed first ford with neoprene socks and plastic sandals. Then I continued with a larger ford. The hours passed and glacial rivers grew quickly. To go faster I  decided to cross barefoot. What a bad idea! It was so COLD!   My feet were frozen! The neoprene socks were not a luxury! New ford and this time I did not hesitate: I put the neoprene socks. Water loaded with volcanic sand, I sometimes mid-calf in places and I crossed without problem. The rest of the route is more rocky. A  new small stream : I decided to go over. I trun and jump with the walking sticks and .... ZAP! Reception with the backpack was catastrophic: I fall along the other side! Fortunately nothing broken, just a few scratches on my hand and left knee. I met rangers of the Vatnajökull National Park. I asked them about the possibilities to cross rivers to go to Vonarskard and if it is possible to buy food to Nýidalur. They advised me to take a detour to go to a bridge because the rivers are important and strong current. About resupply, they responded negatively to me and offered me bread to allow me to go further. I had  still something to eat but I was getting hungry - the quantities consumed were not  enough important. After several days in the "Black Hell" I found moss and water. The rest of the day was a long walk to reach the bridge following a 4x4 track among the stones. I decided to pitch my tent near the bridge in an area relatively sheltered from the wind. Tonight my foot was not swollen all was fine!

     

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    Samedi 4 août :

    Cap au sud vers le Vonarskard. Au bout d'un kilomètre, je découvre une belle chute d'eau. La piste serpente. Je décide de faire du hors piste en m'orientant à l'aide de la carte et de la boussole. Le sol recouvert d'une mosaïque de petits cailloux est meuble. C'est agréable de progresser sur ce sol. La région du Vonarskard est splendide. Les montagnes avec quelques névés ont des couleurs variant entre le jaune, le vert et le marron. Je dois franchir de nombreux gués parfois espacés de quelques centaines de mètres. Enlever ses chaussures , les remettre puis les enlever de nouveau et les remettre devient vite agaçant d'autant qu'il est parfois difficile de voir si il y a encore un gué ou pas à franchir un peu plus loin. Je vois une dizaine d'oies migratrices. Je plante ma tente sur de la mousse près d'un petit cours d'eau. Une odeur de souffre se dégage et les flancs des montagnes présentent des couleurs variant du rouge au jaune. J'aperçois quelques fumerolles près du mont Eggia. Seuleau milieu de nul part, je contemple avec bonheur le paysage qui s'offre à moi!

     

    en  Heading south towards the Vonarskard. After a mile, I discovered a beautiful waterfall.   I decided to go off-track guiding me with map and compass. The ground covered with a mosaic of pebbles is loose. It was nice to move on this ground. Region Vonarskard is splendid. The mountains with some snow fields have colors ranging from yellow, green and brown. I had to cross many fords sometimes every few hundred meters. Take off the boots , then put them again and take off again.. became annoying especially since it was sometimes difficult to see if there was still a ford or not to cross a little further. I saw a dozen migratory geese . I pitched my tent on moss near a small stream. The smell of sulfur was released and the mountainsides had colors ranging from red to yellow. I saw some fumaroles near Mount Eggia. Alone in the middle of nowhere, I happily watched the landscape!

     

    Vonarskard

     

    Dimanche 5 août :

    Le soleil brille. Les cours d'eau ne sont pas encore apparus quand je quitte cet endroit paradisiaque. Je passe quelques gués. L'eau des premiers gués n'est pas froide en revanche celle du dernier est saisissante. Un 4x4 s'arrête tout à coup à ma hauteur...et là, je reconnais avec surprise le couple croisé avant Kistufell qui m'avait mise en garde à propos des rivières glaciaires! Nous échangeons quelques mots puis je reprends ma route au rythme lent de la marche. Je laisse derrière moi le parc national du Vatnajökull pour découvrir un vaste lac à l'eau turquoise l' Hagongulon dont l'extrémité sud est bordé par une imposante montagne. Un 4x4 des rangers qui se rendent vers le parc du Vatnajökull s'arrêtent à ma hauteur et me posent quelques questions (comment je vais, où je vais, si j'ai croisé d'autres randonneurs...) Ils m'informent que le refuge de Versalir, où je compte me rendre, est fermé. Depuis le matin, je marche en short et je finis par avoir un bon coup de soleil sur les jambes ! Qui a dit qu'il ne faisait pas beau en Islande ! Arrivée à l'extrémité sud du lac, le vent souffle fort mais je parviens à planter ma tente tant bien que mal dans un coin un peu abrité. Le sol est caillouteux et j'entreprends d'enlever tous les cailloux pour dégager la zone et pouvoir dormir sur...du sable! Il est 21h quand je me couche bercée par les bourrasques de vent qui agitent la toile de la tente.

    en  The sun shone. Streams were not  appeared yet when I left this heavenly place. I crossed some fords. The first fords were not too cold, however the last one was. A 4x4 stopped suddenly ... and it was the couple I met before Kistufell who had warned me about the glacial rivers! We exchanged a few words and then I resumed my journey to slow walking pace. I left behind me the Vatnajökull National Park to explore a vast lake with turquoise water the Hagongulon. The south end of this lake is surrounded by an impressive mountain. A 4x4 rangers who go to the Vatnajökul park stopped and asked me some questions (how I am, where I go, if I met other hikers ...) They told me that Versalir hut is closed. Since morning, I walked with my short and I end up having a good sunburn on my legs! Who said that the weather is bad in Iceland! Arrival at the south end of the lake, the wind was strong but I managed to pitch my tent as well as possible in a sheltered place. The soil was stony and I had to remove all the stones to clear the area and be able to sleep... on the sand! It was 21h when I went to bed. The tent was moving with the strong wind.

     

     
     

    Lundi 6 août :

    Réveil à 6h40 comme à l'accoutumé. Je passe près d'une retenue d'eau et en profite pour remplir mes gourdes d'eau. Je m'enfonce un peu dans le sable près du bord mais rien de dramatique. Je suis ensuite la piste de 4x4 qui rejoint la route F26 reliant le nord au sud de l'Islande par le désert de Sprengisandur. La route est quelque peu sinueuse, je décide donc de tracer ma propre route en ligne droite. La F26 est très fréquentée. Voilà plusieurs jours que je n'avais croisé qu'une ou deux jeeps. Je m'amuse à les compter. Au total je vois passer 27 jeeps, 3 bus et un cycliste avec qui j'échange quelques mots. Je franchis une rivière dont l'eau est parfaitement claire et m'installe sur la rive pour faire une petite pause.  J'aide un conducteur à franchir le gué en lui montrant par où il peut passer. Je reprends la marche vers Versalir mais en quittant la F26 pour une piste plus directe. Voilà plusieurs jours que je marche en ayant pour obsession de manger. Partie avec 15 jours de nourriture voilà 16 jours que je marche.  Je commence à ne plus avoir grand chose à me mettre sous la dent. . Le vent souffle très fort. Lorsque j'arrive à Versalir, je découvre une écurie et deux bâtiments fermés. L'écurie a été forcée mais la porte ne s'ouvre pas... Je plante ma tente à l'abri du vent à l'arrière du bâtiment principal sur un lit de paille. Je ne suis pas la première à passer ici. Alors que je suis dans ma tente, trois cyclistes débarquent. Arnaud, Pascal et Nicolas sont Belges. Ils pensaient trouver un refuge ouvert... Arnaud est fort sympathique. Il est là pour deux mois avant de repartir en Amérique où il a entrepris le projet de traverser le continent américain à vélo en effectuant en plus l'ascension des plus hauts sommets. Voilà un sacré voyageur! Je lui fais part de mes maigres provisions et il s'empresse de m'offrir une barre de chocolat et un paquet de cookies Maryland. Je l'en remercie vivement !

     

    en Wake up at 6.40am as usual. I passed near a water reservoir and used it to fill my water bottles of water. I sank a littlebit  in the sand but nothing dramatic. I walked on the 4x4 road that joins the F26 road connecting the north to the south of Iceland through the Sprengisandur desert . The road is somewhat curvy, so I decided to draw my own road in a straight line. The F26 was very busy. For several days I had only met one or two jeeps. I started to count the cars. I saw 27 jeeps, three buses and a cyclist with whom I exchanged a few words. I crossed a river where the water was very clear and sit on the bank for a short break. I helped a driver to cross the ford by showing him where he could go. I kept walking towards Versalir but leaving the F26 for a more direct path. For several days I walked with the obsession to eat. Started with 15 days of food it was my 16th day!  The wind was very strong. When I arrived at Versalir, I discovered a stable and two closed buildings.   While I was in my tent, three cyclists arrived. Arnaud, Pascal and Nicolas are Belgians. They hoped to find a hut ... Arnaud was very friendly.He was here for two months before returning to America where he undertook the project of crossing the American continent by bike and climbing the highest peaks . This is a sacred traveler! I expressed my meager provisions and he quickly offered me a chocolate bar and a packet of Maryland cookies. I thank him very much!

     

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

     

    Mardi 7 août :

    Après avoir passée une très bonne nuit sur la litière de paille, je dois faire face à un vent fort et froid. Le soleil est caché par d'épais nuages gris. Je m'emmitoufle : cagoule, bonnet, gants polaires, sur-moufles, veste coupe-vent. Le parcours d'aujourd'hui n'offre pas grand chose d'intéressant à voir. Le paysage est constitué de collines caillouteuses interrompues par des rivières bordées de mousse. Le temps n'est pas joyeux : il se met à pleuvoir. Marcher sur la F26 est long et monotone. Les 4x4 passent soulevant des nuages de poussière. Après une pause près d'un cours d'eau, je choisis de quitter la route pour faire du hors piste. c'est beaucoup plus agréable! L'itinéraire que je me suis fixée s'avère être balisé sur les huit derniers kilomètres. La journée se termine par le franchissement d'un gué, l'ascension d'une colline et enfin l'arrivée au-dessus du lac Porisvatn où je décide de bivouaquer. Pour la seule journée d'aujourd'hui, j'ai comptabilisé près de 30 jeeps...la F26 c'est l'autoroute!

     

    en  After a very good night on straw bedding, I had to deal with a strong and cold wind. The sun was hidden by thick gray clouds. I put my hood, hat, fleece gloves, mittens-on, windbreaker jacket. Today's route did not offer something interesting to see. The landscape consists of rocky hills interspersed with rivers lined with moss. The weather was not good : it started to rain. Walking on the F26 was long and monotonous.. 4x4  raised clouds of dust.   After a break near a river I decided to leave the road going off track. This is better! The roadwas marked with poles on the last eight kilometers. The day ended by crossing a ford, climbed a hill and finally arriving above the Porisvatn lakewhere I decided to camp. This day I counted 30 jeeps ... the F26 is a highway! 

     

     Mercredi 8 août :

     Il a plu toute la nuit avec des rafales de vent. Au matin il pleut toujours. La visibilité est très réduite. Je ne suis plus qu'à une grosse journée de marche de Landmannalaugar point de ravitaillement...Progresser en hors piste dans ces conditions n'est pas évident car il n'est pas possible d'anticiper les éventuelles rivières, zones humides...Je patiente sous la tente en espérant que cela se dégage. Vers 10h20 une accalmie me pousse à préparer mes affaires. Cette trêve sera de courte durée. Il se met à pleuvoir de plus bel. La visibilité est médiocre et le vent fort. Je suis la route. En perdant de l'altitude, je quitte le brouillard et la pluie. La F26 se termine en route goudronnée. Je découvre une centrale hydroélectrique. Des lignes à haute tension se posent sur le paysage. C'est le retour à la civilisation! Je continue par une route de 4x4 plus chaotique et rejoins une autre centrale hydroélectrique. Un 4x4 s'arrête à ma hauteur...et chose incroyable je découvre les visages du couple croisé à Kistufell et près de l'Hagongulon. Nous discutons un moment. Andy et Anny sont allemands. Ils sillonnent l'Islande pour la 12ème fois! Je leur explique mon projet et mon empressement à rejoindre Landmannalaugar. Ils m'offrent un salami, du pain noir au goût étrange et une tablette de chocolat rhum-raisin.  Sous ce temps maussade, cette générosité me fait chaud au coeur! Après la F26, j'évolue sur la F208. Je me fais doubler par de nombreux 4x4. Mes jambes deviennent douloureuses. Je n'ai pas assez bu aujourd'hui. Je me rationne car il ne me reste qu'un litre d'eau et je dois traverser des champs de lave où il n'y a pas d'eau. Je passe à proximité de la rivière Tungnaa qui charrie une quantité impressionnante de sédiments. L'eau est trouble et imbuvable. La route serpente et je finis par couper à travers champ. Je retrouve de l'entrain à marcher ainsi. Le temps se couvre. A 20h30, il me reste encore 4km à parcourir pour arriver à Landmannalaugar. Je me trouve près du lac Frostastadavatn. La zone est plane avec de la mousse et à l'abri du vent. L'endroit est idéal : je décide donc de m'y arrêter et de m'y installer. Après avoir rempli d'eau les gourdes, je savoure le salami et le pain noir qui m'ont été offerts. Vers 22h l'obscurité commence à poindre son nez et il n'est désormais plus possible de lire sans lampe frontale comme c'était le cas en juillet. 

    en  It rained all the night. In the morning it's still raining. The visibility is very low. I have only one big day of walking to reach Landmannalaugar (resupply place) ... walking off track in these conditions is not obvious because it is not possible to anticipate possible rivers, wetlands .. . I wait in the tent hoping that the weather become better. Around 10:20am I prepare my backpack but it starts  still to rain. It's difficult to see with the poor visibility and the strong wind.  Losing altitude, I leave the fog and rain. F26 ends in asphalt road. I discovered a hydroelectric building. High-voltage lines arise on the landscape.I am back to civilization! I keep a more chaotic 4x4 road and reach another hydroelectric bulding. A 4x4 truck stops ... and  it was amazing to see the people I met in Kistufell and near Hagongulon. We talk a while. Andy and Anny are German. It's the 12th time they come in Iceland! I explain my project and my eagerness to reach Landmannalaugar. They offer me a salami, black bread with a strange taste and a rum-raisin chocolate bar. In this gloomy weather this generosity warms my heart! After the F26 I walk on the F208. I'm overtaken by many 4x4. My legs become painful. I have not drink enough today. I keep my water because I have only one liter of water and  there is no water in the lava field. I pass close to the Tungnaá river  which carries an impressive amount of sediment. The water is turbid and undrinkable. The road winds and I finally take a short cut through lava fields. The weather is cloudy. At 8:30pm I have still 4km to walk to go to Landmannalaugar. I am near Lake Frostastadavatn. The area is flat with moss and protected from the wind. The location is ideal, so I decided to stop and to camp there. After filling the water bottles, I enjoy salami and black bread offered to me. At 11pm it is dark and it is no longer possible to read without headlamp like in July.   


     

    Jeudi 9 août :

     Un épais manteau nuageux recouvre les montagnes, une petite pluie tombe. Un arc-en-ciel se dessine de l'autre côté du lac. La pluie cesse mais le temps reste menaçant. Je décide de me rendre à Landmannalaugar en passant par le Ljotipottur : un cratère aux parois rouges et noires rempli d'un lac bleu foncé. Magnifique! Je me rends par un agréable chemin jusqu'à Landmannalaugar. Que de monde! A peine arrivée, je me dirige vers le Mountain Mall. C'est un bus stationné l'été où l'on peut acheter des provisions. Je mange un sandwich sur le champ! Mmmh! J'avais faim ! J'installe ensuite ma tente coincée entre plusieurs autres...rien à voir avec mon bivouac de la veille ! Je pars me promener. Le temps se dégage durant l'après-midi. Oh que c'est beau! Au pied des montagnes  arc-en-ciel paissent quelques moutons, de la mousse recouvre en partie la lave qui brille au soleil... Sans mon sac, j'ai le pas rapide; une envie irrésistible me prend de courir sur les sentiers. De retour au camping, j'improvise un fil à linge à l'aide d'une cordelette et d'un bâton de marche pour faire sécher mes vêtements. Un animateur d'un petit groupe de jeunes français en vacances en Islande pour deux semaines m'offre généreusement de la truite cuite au barbecue. Je me régale !

    en A thick coat clouds covered mountains, a little rain falls. A rainbow sky emerges on the other side of the lake. The rain stopped but the weather is threatening. I decide to go to Landmannalaugar via  Ljotipottur: a crater with red and black cliffs filled with a deep blue lake. Magnificent! I walk by a nice track to Landmannalaugar. There are many people! I rush to the Mountain Mall. It is a  bus parked in the summer where you can buy groceries. I eat a sandwich! Ymmy! I was hungry! I pitch my tent between several other ...  I go for a walk. The weather becomes better during the afternoon. What a beautiful place! At the bottom of the rainbow mountains few sheeps are grazing ... Without my bag, I can go fast, I run on the tracks. Back to the campsite, I build a clothe line with a cord and a walking stick. A leader of a small group of young French in holiday in Iceland for two weeks gives me generously a smocked trout. I really enjoy it!

     

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

     

    Vendredi 10 août :

       Trop de monde, trop de bruits...difficile de trouver sommeil dans ces conditions...voilà les joies des camping! C'est donc avec empressement que je quitte ce lieu pour débuter la célèbre randonnée Landmannalaugar-Porsmörk appelée "Laugarvegurinn" (route des sources chaudes). Je marche sur des montagnes de rhyolites arc-en-ciel ponctuées de colonnes de vapeur et de dépôts de souffre. Splendide! Difficile de trouver les mots pour exprimer ce que je ressens. J'atteins rapidement le refuge d'Hrafntinnusker à 1129m d'altitude. Les nuages bas obstruent les montagnes. Dans cette zone en plein vent aucune végétation ne pousse. Le sol n'est recouvert que de roches. Je décide de m'arrêter là après seulement une petite douzaine de kilomètres. Je veux prendre le temps et ne suis pas du tout presser de terminer cette longue marche vers le sud. Je plante donc ma tente protégée du vent par un enclos de pierres d'obsidienne noire. Malgré tout la tente subit les assauts des rafales de vent. Mais à quelle vitesse souffle-t-il? Je n'en ai aucune idée... j'espère juste que la tente tiendra le coup.

    en  Too many people, too much noise ... difficult to sleep in these conditions ... these are the joys of camping! So it was with eagerness that I leave this place to start hiking the famous hike Landmannalaugar to Porsmork called "Laugarvegurinn" (hot springs road). I walk on the mountains of  rainbow rhyolite punctuated by columns of steam and sulfur deposits. Splendid! Difficult to find the words to express what I feel. I quickly reach the Hrafntinnusker hut at 1129m altitude. Low clouds hide the mountains. In this area with lots of wind there is no vegetation. The ground is covered of rocks. I decide to stop here after only a dozen of kilometers. I want to take my time and not to rush to finish this long journey in direction of the south. I pitch my tent protected from the wind by black obsidian stones.  But how fast does the wind blow? I have no idea ... I just hope that the tent will not blow away.

     

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    Samedi 11 août :

     

      La nuit a été particulièrement froide accentuée par le vent qui s'engouffrait sous la tente. J'ai essayé tant bien que mal de dormir en me recroquevillant... Au matin le vent s'est nettement calmé. Je quitte Hrafntinnusker parmi une foule d'autres randonneurs. Fini les paysages traversés sans âme qui vive. Quelque chose n'est plus sur ces sentiers balisés même si les paysages sont grandioses. Je quitte les collines multicolores pour rejoindre une vallée verte de mousse où paissent des moutons. Mes pas me conduisent jusqu'au lac d'Alftavatn où je m'installe pour passer la nuit. J'ai l'après-midi devant moi et je décide d'improviser une canne à pêche à l'aide d'un fil de pêche ramassé au lac Eilifsvötn, d'une épingle à nourrice et d'un bâton de marche. Je passe un bon moment à démêler le fil. Au bord du lac, mon premier essai est tout bonnement catastrophique! Il manque un leste. J'accroche donc une pierre et finis par parvenir à faire trois-quatre lancers avant que la pierre ne se détache. Pas de truite au repas ce soir pourtant je la voyais déjà au bout de la canne !!! Le vent se met à souffler de plus en plus fort. Il siffle, tournoie par rafales mais contrairement à Hrafntinnusker il n'y a ici aucune protection. La tente se gonfle et se dégonfle au rythme de la valse du vent. La nuit promet d'être agitée.

    en The night was particularly cold accentuated by the wind rushing into the tent. I tried to sleep the most of possible ... In the morning the wind is less strong I leave Hrafntinnusker with many other hikers. Finished landscapes traversed without a soul.   I leave the multicolored hills to a green valley where sheeps are grazing. I reach Alftavatn and camp there. I have all the afternoon and I decide to try to fish. I build a fishing line with a fishing rope found close to the lake Eilifsvötn, a safety pin and a walking stick. I spend a long time to untangle the rope. My first test is simply catastrophic! It lacks a weight. I clipped a stone and finally after three to four shots the stone leave. No trout  for the dinner! The wind begin to blow more and more. There is no protection here. The tent inflates and deflates with the waltz of the wind. .

     

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    Dimanche 12 août :

     

      Une tempête s'est abattue cette nuit. Des cris ont retenti : une tente n'a pas dû supporter les assauts du vent. La mienne a bien résisté. Au matin la pluie s'est ajoutée au vent qui continue à souffler avec force. Je progresse contre les éléments. Le vent me déstabilise par instants. Je franchis un gué puis un second doublant bon nombre de randonneurs. Me voilà de nouveau enfin seule face au paysage... La pluie finit par cesser. Les 15km sont vite avalés d'autant que je m'arrête peu le paysage étant en grande partie caché par les nuages. J'hésite à poursuivre mais je préfère m'arrêter au refuge d'Ermstur en espérant que la journée de demain me permettra de profiter du paysage. Je m'installe donc près d'un cours d'eau abrité du vent. Les semelles de mes chaussures ont perdu de leur accroche et il m'est arrivé plusieurs fois de glisser dans des descentes au cours de ces derniers jours. J'essaye donc de réaliser quelques entailles au couteau pour leur redonner un peu d'adhérence. Au fil des heures, les randonneurs arrivent et s'installent. Les tentes sont collées les unes aux autres... 

    en  Stormy  night. A tent blew away.  In the morning the rain is added to the wind who continues to blow forcefully. I walk against the elements. The wind destabilizes me sometimes. I cross a ford and a second passling many hikers. Then I am  alone ... The rain finally stops. I walk easely the 15km. The landscape is largely hidden by the clouds. I hesitate to continue but I prefer to stop at Ermstur hut hoping that the next day will allow me to enjoy the scenery. So I camp near a river sheltered from the wind. The soles of my shoes have lost their grip and it happened to me several times to slide downhill in the past few days. So I try to make some cuts with a knife to give them a bit of grip. Hour after hour hikers arrive . The tents are pitched close to each other ...

     

    Lundi 13 août :

     

      La nuit est calme. Une toute petite bruine tombe. Les cailloux d'Ermstur laisse place à une végétation rase qui devient de plus en plus dense au fur et à mesure que je perds de l'altitude. La terre est acide comme en témoigne la végétation constituée d'azalées, de bruyères, de petits sapins rampants et de mousse. Au détour d'un chemin, je me retourne et aperçois deux personnes sur une hauteur. Ils essayent de descendre un pan abrupte pour regagner le sentier. J'avance et soudain un bruit sourd retenti. Je comprends tout de suite qu'un rocher est tombé et que quelqu'un a chuté. Effectivement l'une des deux personnes vues quelques secondes auparavant est étendue dans une pente. Je me précipite tandis que l'autre personne fait un détour pour rejoindre le sentier. Plus de peur que de mal! Elle s'en sort avec quelques égratignures au coude et au genou. L'homme a glissé et a chuté en heurtant une pierre au niveau du thorax. A un mètre près il finissait tête la première dans un gros rocher. "I was stupid!" me dit-il! Je continue mon chemin et passe au-dessus de la Ljosa "rivière de lumière" qui s'engouffre dans une fissure de 2 mètres de large. Un large gué apparaît ensuite. Deux autres personnes se préparent à le franchir. Elles me regardent, je les regarde. Qui va oser se lancer en premier? Ils n'ont pas l'air rassurés. J'observe la rivière à la recherche des berges convexes et des zones où l'eau est agitée. C'est en effet là que l'on trouve des dépôts importants de sédiments et de roches rendant la rivière moins profonde. Je me lance donc la première et franchis le gué sans difficulté avec de l'eau en-dessous du genou. Les deux autres personnes se lancent à ma suite. Alors que nous remettons nos chaussures, tout un groupe de randonneurs arrivent sur l'autre rive. L'un d'entre eux se lance rapidement en choisissant une zone différente de la mienne : plus courte avec des bords droits. Résultat de l'eau au-dessus des genoux et un courant beaucoup plus fort! Les autres le suivent sans chercher à passer par un autre endroit. Il s'en faut de peu pour que certains n'aillent à l'eau! Mieux vaut donc observer et utiliser ses connaissances plutôt que de se précipiter. La suite du chemin débouche sur une forêt de bouleaux. Quel plaisir de me retrouver dans cet océan de verdure après tant de jours de marche dans la caillasse et le sable! Les fleurs dégagent une agréable odeur que je respire avec bonheur. Le refuge de Langidalur à Porsmörk se trouve au bord de la rivière Krossa. J'installe ma tente un peu à l'écart face à l'Eyjafjallajökull. Deux renardeaux polaires apprivoisés par le gardien du refuge jouent dans l'herbe. Ils sont marron foncé et guère plus gros qu'un chat. J'achète quelques provisions pour un prix exorbitant (4 fois plus cher que le prix en France) mais j'ai terriblement FAIM ! Les vivres achetées à Landmannalaugar n'étaient pas suffisante...

     

    en  The night is quiet. A tiny drizzle falls. After the stones of Ermstur a low vegetation appear becoming lush when I lose altitude. The earth is acid. The vegetation consists of azaleas, small crawling trees and moss. It is the toundra. I see two people on a hill. They try to go down from a hill by a cliff. I keep walking but suddenly I heard a noise. I understand that a rock fell and someone fell.   I rush in this direction. The guyhas just few scratches to the elbow and knee. He slipped and fell hitting a stone in the chest.   "I was stupid!" he told me! All is fine so I keep walking and passes over the Ljosa "river of light" rushing into a crack of 2 meters wide. A wide ford appears. Two others people are preparing to cross. They look at me, I look at them. Who will dare to start first? They do not seem sure. I look the river banks in search of convex areas where the water is stirred. This is the place where there are large deposits of sediment and rocks making the river shallow. So I start the first and cross the ford easily with water knee deep. The others start to follow me. While we have crossed a group of hikers arrive on the other side. One of them starts quickly by choosing a different area of the mine: shorter with straight edges. They cross with lots of water and stronger current! Everybody follows him without trying to go through another place. Some just avoid a bath! So it's best to observe and apply knowledge rather than rushing. I go through a forest of birch trees. What a pleasure to find myself in this ocean of greenery after so many days of walking in the gravel and sand! The flowers bring a pleasant smell and  I breathe with happiness. The hut at Porsmork is Langidalur. It is near the river Krossa. I pitch my tent in front of Eyjafjallajökull. Two polar foxes tamed by the warden are playing in the grass. They are dark brown and not much bigger than a cat. I bought some provisions for an exorbitant price (4 times more than the price in France) but I am terribly HUNGRY! The food purchased Landmannalaugar were not enough ...

     

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    Mardi 14 août:

     Dernière journée de la traversée Nord-Sud, je vais relier Porsmörk à Skogar en passant par le col de Fimmvörduhals. Pour commencer je dois franchir la Krossa large rivière au débit impressionnant. Le pont indiqué sur la carte n'est pas installé et c'est donc dans une carriole tirée par un tracteur que je la traverse. Mon itinéraire me conduit en altitude par des zones vertigineuses et quelques passages délicats (passage sur une crête avec le vide de chaque côté, franchissement de zones à l'aide de cordes et de chaînes). Le vent souffle fort et je peine par moments à avancer mais monter est un vrai plaisir! Le paysage est grandiose! Je découvre les coulées de lave encore fumante du volcan Eyjafjall qui a fait trembler tout l'espace aérien européen en mars-avril 2010. Le contraste entre la lave d'un noir profond et de la glace de l'Eyjafjallajökull et du Myrdalsjökull est magnifique. Je  traverse la coulée de lave puis quelques pentes enneigées avant de faire une pause au refuge de secours. Je fais la connaissance à cet endroit de deux français Igor et Pierre Tomas qui comme moi effectuent une traversée nord-sud depuis Myvatn en passant par Nyidalur. Ils ont lu mes messages laissés dans les refuges de Dyngufjell et de Kistufell. C'est amusant de faire leur rencontre le dernier jour de la traversée! Je continue ma descente vers Skogar en longeant une succession de cascades toutes plus belles les unes que les autres. Je vois au loin la mer, l'Océan Atlantique qui se rapproche au fur et à mesure. C'est avec une grande émotion que j'arrive enfin à Skogar au pied de la Skogafoss. Voilà, c'est fait ! Après 24 jours de marche du nord au sud, la mer du Groenland et l'Océan Atlantique sont reliés! Je retrouve Igor et Pierre Tomas au camping où nous fêtons la fin de notre marche vers le sud en dégustant de délicieux hamburgers islandais et en discutant jusque tard dans la soirée.


    en Last day of the North-South crossing, I'll walk from Porsmork to Skogar via the pass of Fimmvörðuháls. To start I must cross the wide river Krossa with impressive speed. The bridge shown on the card is not installed . It is in a sleigh pulled by a tractor that I cross finally. I climb then by some tricky parts (pass on a ridge with a vacuum on each side, crossing areas with ropes and chains). The wind is strong so it is hard to walk! The scenery is magnificent! I discover lava of the volcano Eyjafjall that blocked all the European airspace in March-April 2010. The contrast between the deep black lava and the ice of Eyjafjallajökull and Myrdalsjökull is beautiful. I cross the lava field and some snow slopes before taking a break in an emergency shelter. I meet there two French Igor and Tomas Peter who are doing a north-south crossing from Myvatn via Nýidalur. They read my messages in the hut books of Dyngufjell and Kistufell. It's fun to meet them on the last day of the long hike! I continue my descent to Skogar along a succession of waterfalls all more beautiful than the others. I see far the sea, the Atlantic Ocean. It is with great emotion that I finally arrive at the bottom of the Skogafoss. Well, it's done! After 24 days of walking from north to south, the Greenland Sea and the Atlantic Ocean are connected! I found Igor and Pierre Tomas at the campsite where we celebrate the end of our hike by tasting Icelandic delicious hamburgers and talking until late in the evening.

     

     

    Mercredi 15 août :

     En faisant du stop, je me rends dans la ville de Vik (Vik i Myrdal) petite localité connue pour sa longue plage de sable noir battue par la houle de l'Atlantique et hantée par le hurlement incessant du vent. En bordure de la plage se dressent les imposantes falaises du mont Reynisfjall. C'est une zone importante de nidification pour les oiseaux marins dont le macareux moine "lundi" en islandais. Des colonnes de lave émergent de la mer. Ce sont les Reynisdrangar qui seraient selon le folklore islandais des trolls transformés en pierre par la lumière du jour. Je plante ma tente dans un creux à l'abri des regards non loin de la falaise et de la plage. J'assiste au balai aérien de centaines d'oiseaux et parviens à m'approcher tout près d'un lundi. Cet oiseau au bec coloré ressemblant à un pingouin se jette dans le vide depuis la falaise pour attraper dans la mer des petits poissons. Ses ailes courtes et ses pattes palmées lui permettent d'être aussi à l'aise dans les airs que sous l'eau. Il passe le plus clair de son temps en haute mer à l'exception des périodes de nidification. L'Islande est le lieu privilégié de reproduction des macareux.

     

    en By hitchhiking, I go to Vik (Vik i Myrdal) small town famous for its long stretch of black sand beaten by the waves of the Atlantic and haunted by the incessant howling of the wind. Along the beach stands the imposing cliffs of Mount Reynisfjall. This is an important breeding area for seabirds including puffins "Monday" in Icelandic. Columns of lava emerging from the sea are Reynisdrangar that would according to Icelandic folklore trolls turned to stone by the daylight. I pitch my tent iclose to the cliff and the beach. I go to watch hundreds of birds flying in the sky and go close to a Monday. This bird  with a colorful beak like a penguin jumps from the cliff to the sea to catch small fishes. Its short wings and webbed feet allow it to be as comfortable in the air and underwater. He spends most of the time on the high seas except during nesting. Iceland is the ideal breeding ground for puffins.

     

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    Jeudi 16 août - vendredi 17 août :

     A nouveau en stop, je me dirige vers Skaftafell. Je me promène au bord de la lagune du glacier Skaftafelljökull où flottent des blocs de glace. Un petit sentier balisé me conduit jusqu'à Svartifoss, une chute d'eau entourée de formations d'orgues basaltiques toujours très surprenantes à voir. Je découvre ensuite de charmantes maisons au toit en tourbe recouvertes d'herbe. Il s'agit de l'habitat traditionnel islandais. L'intérieur est tout en bois. Dommage que je ne puisse dormir à l'intérieur! Je reste dormir au camping de Skaftafell pour pouvoir réaliser une randonnée d'une journée autour du Skaftafellsheidi. Le lendemain j'admire les crevasses du glacier Skaftafelljökull depuis une hauteur. Le ciel est couvert mais quelques rayons parviennent à percer les nuages donnant au lieu une ambiance particulière. Le ciel devient de plus en plus menaçant et le vent se met à souffler avec force m'obligeant à renoncer à escalader le Kristnartindar. De retour au camping, je plie ma tente et pars tenter ma chance en stop pour me rendre à Jökulsarlon. Malheureusement, c'est la fin de l'après-midi et les voitures filent dans le sens contraire. Je parviens seulement à avancer de 6 petits kilomètres sur la route principale qui fait le tour de l'Islande.  Arrivée à proximité de Svinafell, je cherche depuis la route le camping indiqué sur ma carte sans parvenir à le voir. Une voiture s'arrête à ma hauteur, m'indique son emplacement et me propose de m'y conduire. Je monte. Au volant, Brighid, géologue écossaise, travaillant 2km plus loin au pied du glacier Virkisjökull. Elle accepte de me faire découvrir son travail et m'indique le chemin pour me rendre sur place le lendemain.

    en I go next to Skaftafell. I walk along the lagoon of the Skaftafelljökull glacier where blocks of ice float. A small marked trail leads me to Svartifoss a waterfall surrounded by formationsof  basalt very surprising to see. Then I find charming houses roof covered with grass. This is the traditional Icelandic habitat. The interior is all made wood. unfortunately I could not sleep inside! I still sleep at Skaftafell campsite in order to realize a day hike around the Skaftafellsheidi. The next day I admire the glacier Skaftafelljökull  from a hill. The sky is overcast but some rays appear through the clouds giving a special atmosphere. The sky becomes increasingly threatening and the wind begins to blow stronger forcing me to skip the climb of Kristnartindar. Back to the campsite, I take my tent and go to try to hitch hike to Jokulsarlon. Unfortunately it is the end of the afternoon and cars go in the opposite direction. I progress only of 6 short miles on the main road which goes around Iceland. Arrival near Swinefell, looking for a campsite indicated on my map...but I can't find it. A car stops and the driver tells me iwhere is the campsite and offer me a ride., Brighid, Scottish geologist, works 2km away at the bottom of the glacier Virkisjökull. She agrees to show me her work the next day.

     

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    Samedi 18 août - dimanche 19 août: 

     

    Au matin, je me dirige vers le glacier Virkisjökull où travaille Brighid. Elle effectue des recherches théoriques pour le British Geological Survey sur l'évolution du glacier et en particulier des rivières glaciaires. En pompant l'eau à partir de forages effectués dans la moraine du glacier, elle calcule la vitesse de remplissage des rivières souterraines, analyse la température, le pH et la provenance de l'eau (eau de pluie ou eau de fonte). J'assiste à un nouveau forage.  C'est vraiment très intéressant! Je rejoins ensuite la route n°1 pour faire du stop jusqu'à Jökulsarlon. Ce lieu est magique! Il s'agit d'une lagune glaciaire où le Vatnajôkull vient se disloquer en icebergs bleutés, cernés de cendres volcaniques. Ces icebergs surnagent dans une eau opaline pendant parfois 5 ans avant de trouver le chemin de la mer et parfois s'échouer sur la plage de sable noir. Je plante ma tente dans ce décor surréaliste. Deux phoques se prélassent juste devant moi. Un grand labbe s'envole. La pluie se met à tomber mais sans rien enlever à la magie de ce lieu. Au matin du 19 août, le lac est calme, les icebergs se reflètent dans un miroir d'eau. Les cars de touristes ne sont pas encore arrivés et je profite pleinement de ce spectacle. Je suis subjuguée par la beauté de ces blocs de glace aux nombreuses nuances de bleu. La couleur bleu des icebergs s'explique par l'absorption de toutes les longueurs d'onde à l'exception de celle correspondant à la lumière bleue. Celle-ci est plus ou moins renvoyée et donne donc des bleu plus ou moins intenses.

    en In the morning, I head to the glacier Virkisjökull where Brighid works. She conducts theoretical research for the British Geological Survey on the evolution of the glacier and glacial rivers in particular. By pumping water from wells drilled in the moraine of the glacier, she calculates the rate of filling of underground rivers, analysis, temperature, pH and the source of water (rain or snowmelt). I watch a new drilling. It's really interesting! Then I go on the Highway No. 1 to hitchhike to Jokulsarlon. This place is magical! It is a glacial lagoon where the Vatnajokull just break up into bluish icebergs. These icebergs float in opaline water sometimes five years before finding the way to the sea and sometimes fall on the black sand beach. I pitch my tent in this surreal place. Two seals are  just playing in the water in front of me. A great skua flies. The rain began to fall. On the morning of August 19, the lake is calm, the icebergs are reflected in a water mirror. The tourist buses are not there yet and I enjoy this moment. I am impressed by the beauty of the ice blocks with many different blue. The blue iceberg is due to the absorption of all wavelengths except the one corresponding to the blue light. This blue light is more or less returned and so gives more or less intense blue.

     

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    Dimanche 19 août - Lundi 20 août : 

     Je quitte Jökulsarlon dans l'après-midi du 19 août à bord de la jeep d'Andre. Andre est allemand et il parcourt l'Islande avec sa jeep en vue de réaliser un film. Il est équipé de plusieurs appareils photos, d'un rail pour faire des timelapses... Il a déjà réalisé une traversée de l'Europe à l'Asie en jeep ainsi qu'un trek en ski et pulka en Norvège. Une fois de plus c'est une riche et belle rencontre! Il m'emmène jusqu'à la ville de Höfn qui signifie port en islandais. Cette ville portuaire se présente comme la capitale européenne du "Humar" : la langoustine.

     En ce lundi 20 août 2012, j'ai une pensée toute particulière pour mon grand-père maternel qui fête aujourd'hui ses 98ans!  Ce jour est aussi celui de mon anniversaire. Le spectacle de la veille à Jökulsarlon fut pour moi un merveilleux cadeau. Je déguste un "Vinarterta" gâteau islandais formé de génoises intercalées entre de la confiture de rhubarbe. Je me régale! Le temps est couvert. Je me rends jusqu'au port par un sentier longeant la mer . Le ciel est sombre et de temps à autres percent quelques rayons de soleil. Le paysage n'en est que plus beau! De nombreux oiseaux nichent à la pointe de la péninsule de Höfn. Je me fais attaquer par une sterne arctique. Heureusement pour moi, la période de nidification est terminée... Le port de Höfn est un important port de pêche. C'est l'activité majeure de la ville. De retour dans ma tente, la pluie se met à tomber avec force et en continu...  Je passe la fin de la journée coincée sous ma tente...à déguster des "Kleinur" beignets islandais.

    en I leave Jökulsarlon in the afternoon of August 19 in the jeep of Andre. Andre is German and he drive around Iceland with his jeep to make a film.He is equipped with several cameras, a rail to make timelapses ... He has already made ​​a long travel across Europe to Asia  with a jeep and a ski pulk treck in Norway. Once again this is a rich and beautiful meeting! He stops me to the town of Höfn which means harbor in Icelandic. This port city is as the European capital of "Humar" lobster.

     In this Monday August 20th, 2012, I have a special thought for my maternal grandfather who celebrates his 98th birthday! This is the day of my birthday too. The spectacle of Jökulsarlon was for me a wonderful gift. I enjoyed a "Vinarterta" Icelandic cake made ​​of sponge sandwiched between the rhubarb jam. I really enjoy it! It's cloudy today. I go to the port following a path close to the sea. The sky is dark and from time to time sun shines. The landscape is more beautiful! Many birds nest at the peninsula of Höfn. I'm attacked by an Arctic tern . Fortunately for me, the nesting period is finished ... Höfn is an important fishing port. This is the major activity of the city. Back in my tent, the heavy rain begin to fall ... I spend the rest of the day  in my tent to enjoy ... "Kleinur" Icelandic donuts.

     

    Mardi 21 août - mercredi 22 août : 

     

    Il a plu toute la nuit. Je profite d'une accalmie pour me rendre à la sortie de la ville et tenter ma chance en stop. Je suis prise par trois touristes français : Lucie, Amélie et Yann.  Les montagnes et les glaciers sont plongés dans les nuages. Nous nous arrêtons à Jökulsarlon sous la pluie. Les icebergs sont enveloppés dans une brume qui donne une atmosphère fantasmagorique au lieu. Cet endroit est un vrai régal pour les yeux quelque soit le temps! Nous poursuivons notre route et profitons de quelques rayons de soleil pour faire une pause à Haalda. Ils me font goûter une bière islandaise "Viking" ainsi que du "Hverabraud" pain de seigle de Myvatn et je leur fais goûter le caviar arctique en tube norvégien. Il me dépose à proximité de Skaftafell. Je repars avec un couple de français jusqu'à Kirkjubaejarklaustur. J'achète des "flatkökur" (crêpes de seigle), du" hardfiskur" (morue séchée) et de l'"Egils Appelsin" (soda islandais similaire au fanta)

     

    Le lendemain, je pars découvrir Kirkjubaejarklaustur. Une jolie cascade à deux chutes, la Systrafoss, se trouve à l'ouest de cette bourgade de 120 habitants. Je grimpe par le chemin qui mène en haut de la falaise et découvre un vaste lac, le Systravatn, où les religieuses du couvent de Kirkjubaejarklaustur venaient autrefois se baigner. Un cygne avance le long de la rive. J'essaye de m'en rapprocher mais en quelques secondes le lac est plongé dans le brouillard mettant fin à ma promenade. Je tente de partir en stop...1h30 plus tard je tends toujours le pouce au bord de la route entourée par une nuée de moucherons ! Je me rends à la station service toute proche et commande un "pylsur" (hot dog) "ein med öllu" (avec tout : oignons frits, ketchup, sauce rémoulade). Les Islandais sont très friands de ses plats de restauration rapide à l'instar des hamburgers. Mon hot dog avalé, je regagne ma place. A peine une minute après, je monte dans une voiture qui me conduit jusqu'à Vik. A son bord un couple d’Israéliens. Je les questionne sur leur pays. A Vik, je repars en direction de Selfoss en compagnie cette fois d'un Islandais que j'assaille de questions sur son pays, sa culture...

     

    en It rained all  the night. I try to hitchhike. Three French tourists Lucia, Amelie and Yann give me a ride. Mountains and glaciers are hidden by the clouds. We stop at Jokulsarlon in the rain. Icebergs are wrapped in a fog that gives a spooky atmosphere. This place is a feast for the eyes whatever the weather is! We go back ont he road and enjoy some sunshine to take a break in Haalda. They give me an Icelandic beer "Viking" and the "Hverabraud"  bread of Myvatn and I share with them some Norwegian Arctic caviar. They drop me near Skaftafell. I have a new ride with a couple of French to Kirkjubaejarklaustur. I buy "flatkökur" (rye pancakes), the "hardfiskur" (dried cod) and the "Egils Appelsin" (similar to the Icelandic soda fanta)

     

    The next day, I walk around Kirkjubaejarklaustur. Systrafoss a beautiful waterfall with two falls is on the west part of the village of 120 inhabitants. I climb the path to the top of the cliff and discover a vast lake, Systravatn, where the nuns of the Convent of Kirkjubaejarklaustur came to take a bath. A swan advance along the shore. I try to get closer but within seconds the lake is ihidden by the fog ending my walk. I try to hitchhike during 1:30 ... surrounded by a swarm of gnats! I go to the gas station nearby and order a "Pylsur" (hot dog) "ein med Ollu" (with everything: fried onions, ketchup, remoulade sauce). Icelanders are very fond of this kind of food (by example fast food burgers). My hot dog swallowed, I regain my place. Barely a minute later, a car stops and drive me to Vik. On board an Israeli couple. I asked about their country. At Vik, I leave after few minutes in the direction of Selfoss with an Icelander. We speak about Iceland and the Icelandic culture ...

     

    Jeudi 23 août : 

     

    Je déguste des "skonsur", crêpes ressemblant à des blinis. Il pleut avec force et je décide de prendre le bus jusqu'à Geysir. Geysir a donné naissance au mot geyser. Il s'agit d'une zone géothermique. Geysir est un geyser qui autrefois projetait une colonne d'eau à 80m de hauteur. Aujourd'hui il n'est plus actif mais un autre geyser le "Strokkur" jaillit environ toutes les 6 minutes en une colonne d'eau de 15 à 30m de haut. Le spectacle est étonnant. Un allemand prénommé Tarek m'emmène en stop jusqu'à la double cascade haute de 32m de Gullfoss. Un arc-en-ciel se dessine dans les embruns. Tarek me ramène jusqu'à Geysir et m'offre deux bouteilles d'eau et un litre de jus d'ananas. Je plante ma tente à Geysir afin de photographier le lendemain matin la bulle du geyser avant qu'elle n'explose sans avoir en fond toute une horde de touristes.

     

    en I enjoyed the "skonsur" pancake-like blinis. It rains and I decided to take the bus to Geysir. Geysir gave birth to the word geyser. It is a geothermal area. Geysir is a geyser that by the past threw a column of water 80 meters high. Today it is no longer active but another geyser "Strokkur" threw about every 6 minutes in a water column of 15 to 30m high. The show is amazing. A German named Tarek give me a ride to the high double-32m waterfall Gullfoss. There is a rainbow at the bottom. Tarek brings me back to Geysir and offers me two bottles : one liter of water and one liter of pineapple juice. I pitch my tent in Geysir to photograph the next morning the bubble geyser before the explosion without having a horde of tourists in the background.

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

    Vendredi 24 août : 

     Je quitte la zone géothermique pour gagner le parc national de Pingvellir. Une mère et son fils m'y conduisent. Ils sont Israëliens et reviennent de New York. Ils profitent d'une escale de 4 jours pour visiter rapidement l'Islande. Ils m'offrent une barre de céréale ainsi que trois pommes. Décidément que de générosité! Faire du stop me permet de faire de belles rencontres à l'inverse du bus touristique où personne ne parle...Pingvellir est un lieu chargé d'histoire. C'est à partir de l'année 930 que s'est tenu "l'Alping"  premier parlement démocratique mis en place par les premiers colons. Les importantes décisions (lois, décisions de justice, contrats de mariage) étaient prises à cet endroit. Le site est situé à la lisière des plaques nord-américaine et eurasienne et présente de nombreuses failles. Les colons ont choisi ce lieu car il est à la croisée de nombreux chemins et proche d'un lac très poissonneux : le lac Pingvallavatn, plus grand lac d'Islande avec une superficie de 86 km2. Je ramasse quelques myrtilles sauvages. La pluie se met à tomber. Mes chaussures ne sont plus du tout imperméables. Je plante la tente ce soir dans le parc national de Pingvellir.

    en I leave the geothermal area to reach the National Park Thingvellir. A mother and her son drive me there. They are Israelis and return to New York. They enjoy a 4-day stopover to quickly visit Iceland. They offer me a cereal bar and three apples. What a generosity! Hitchhiking allows me to meet lots of friendly people unlike the tourist bus where no one speaks ... Thingvellir is a n important place in the Icelandic history. This is from the 930 years that held "the Alping"   first democratic parliament established by the early settlers. Important decisions (laws, court decisions, marriage contracts) were taken at this palce. The site is located at the edge of the North American and Eurasian plates and has many flaws. The settlers chose this place because it is at the crossroads of many paths and close to a lake full of fish: the Pingvallavatn Lake, the largest lake in Iceland with an area of 86 km2. I pick some wild blueberries. The rain began to fall still. My shoes are not at all waterproof. I pitch my tent tonight in the national park Thingvellir.

     

     

     

     Samedi 25 août : 

     Une famille des îles Vestmannaeyjar me conduit en stop jusqu'à la ferme de Laxnes. Je souhaite découvrir l'allure si particulière du cheval islandais. Les chevaux islandais sont de petite taille (1,30m au garrot) mais vifs et doux. Ils ont fier allure et sont très bien adaptés à la rudesse de leur environnement. Des animaux robustes à l'image des Vikings! Le cheval islandais a cinq allures : le fret (pas), le brokk (trot), le stökk (galop), le skeid (amble) et le tölt (amble latéral). La race est restée très pure car il n'y a pas eu d'importation d'autres chevaux. Un cheval islandais qui quitte l'Islande n'a plus le droit d'y revenir. Les chevaux islandais servent au rassemblement des moutons qui a lieu en automne. C'est le rettur. J'effectue une promenade à cheval puis gagne les îles Vestmannaeyjar par le ferry depuis Landeyjahöfn.

     

    en A family of Vestmannaeyjar islands lgive me a ride until the farm Laxnes. I want to discover the spacific allure of the Icelandic horse. Icelandic horses are small (1.30 m at the withers) but bright and sweet. They look proud and are very well adapted to their harsh environment. Robust like the Vikings animals! The Icelandic horse has five gaits freight (not), the brokk (trot), the stökk (gallop), the Skeid (amble) and tölt (side amble). The breed is still very pure because there was no other imported horses. If an Icelandic horse leaves Iceland he can t go back. Icelandic horses are used for gathering sheep which takes place in autumn. This is the rettur. I do a ride and go to the Vestmannaeyjar islands by ferry from Landeyjahöfn.

     

    Carnet de voyage Islande juillet - août 2012

     

    Dimanche 26 août - Lundi 27 août : 

     

    Je fais le tour de l'île Vestmannaeyjar en compagnie de Maïté rencontrée le soir de mon arrivée à Heimaey. Nous faisons l'ascension de l'Eldfell qui est apparu à la suite de l'éruption volcanique de 1973 qui avait enseveli 400 maisons et nécessité l'évacuation des îliens. Au sud de l'île, je découvre les terriers des macareux moines. Ils sont une centaine à prendre leur envol depuis les falaises de Fjosin. Nous apercevons au loin l'île de Surtsey. Elle est apparue en 1963 à la suite d'une éruption sous-marine qui dura 4 ans et demi. L'île au départ de 2,7km2 n'en fait plus que 1,4 km2 aujourd'hui en raison de l'érosion importante dû au vent. Cette île sert d'observatoire aux scientifiques afin de voir comment les plantes et les animaux s'y installent. Il est interdit de s'y rendre. En longeant le sentier ouest, nous voyons un phoque.  Le vent souffle avec force au point que j'ai parfois du mal à marcher. Nous prenons un verre dans un café du centre de Heimaey. J'en profite pour goûter la "Pilsner", bière sans alcool. Je vais ensuite au restaurant manger du... macareux ! Le lundi est traditionnellement consommé en Islande. Cela a le goût du canard et c'est vraiment très bon! Je goûte l'"Egils Malt Extrakt". Il s'agit d'une bière très sucrée sans alcool. Le goût est vraiment étrange. En dessert, je mange un Icelandic cheese cake. Ce repas 100% islandais était délicieux! Le lendemain, je découvre les murs de l'ancien fort de Skansinn construit au XVème siècle pour protéger les îliens des attaques des pirates africains. A cet endroit, j'aperçois les restes d'une maison, des citernes d'eau et des poteaux électriques tous détruits par la coulée de lave de 1973. Je quitte Heimaey et les îles Vestmannaeyjar par le ferry de 14h30. Il me faudra 4 voitures différentes pour me rendre jusqu'à Reykjavík. Je fais ainsi la rencontre d'un industriel de la pêche islandais qui me fait part des conséquences du réchauffement climatique avec l'apparition de nouveaux poissons dans les eaux islandaises (dont le maquereau), puis d'un couple polonais-lithuanien installé depuis 4 ans en Islande qui me feront part de la convivialité des petites villes islandaises où tout le monde se connaît et enfin d'un jeune viking islandais, pilote d'hélicoptère, originaire des îles Vestmann.

     

    en I go around the island in Vestmannaeyjar with Maite met on the evening of my arrival at Heimaey. We ascend the Eldfell that appeared after the volcanic eruption of 1973, which had buried 400 houses and forced the evacuation of the islanders. In the south of the island, I discover the puffin burrows. They are hundred to take off from the cliffs of Fjosin. We see in the distance the island of Surtsey. It appeared in 1963 after an underwater eruption that lasted four and a half years. The island of 2.7 km2 is now  1.4 km2 due to severe erosion with the wind. This island serves as an observatory for scientists. They can see how the plants and animals settled there. It is forbidden to go there. We see a seal. The wind blows and sometimes I have trouble walking. We have a drink in a cafe in the center of Heimaey. I also want to taste the "Pilsner" beer without alcohol. Then I go to the restaurant to eat ... Puffin! Monday is traditionally consumed in Iceland. It has the taste of duck and it's really good! I enjoy the "Egils Malt Extrakt". It is a very sweet non-alcoholic beer. The taste is really strange. For dessert, I eat an Icelandic cheese cake. This 100% Icelandic meal was delicious! The next day, I discover the walls of the old fort Skansinn built in the fifteenth century to protect the islanders from attacks by African pirates. At this point, I saw the remains of a house, water tanks and all power poles destroyed by the lava flow of 1973. I leave Heimaey and Vestmannaeyjar islands by ferry from 14:30. I will have 3 different cars to go to Reykjavík. I meet an industrialist from the Icelandic fishing. He tell me that global warming can be see in the Icelandic water by the coming of new fish (including mackerel) . A Polish-Lithuanian couple installed for 4 years in Iceland tell me that how nice are the small Icelandic towns where everyone knows each other. The last car was the one of a young Icelandic Viking, helicopter pilot, from the Westman Islands.

     

    Mardi 28 août - mercredi 29 août :

     

    Ces deux derniers jours en Islande seront consacrés à la découverte de la capitale Reykjavik. Je commence par suivre la rue Baebraut le long de la mer. Un vent froid souffle fortement. Je découvre la célèbre sculpture Sun-Craft de Jon Gunnar Arnason représentant le squelette d'un drakkar. Je me joins à une visite guidée gratuite du centre ville tout en anglais ! Arborant les cheveux mi-longs et une barbe, le guide ressemble à un Viking comme bon nombre d'autres hommes à Reykjavik. L'Islande est un pays sûr avec un taux de criminalité particulièrement bas. Les Islandais n'ont pas d'armée et leur police se fait très discrète. Les jardins du parlement Alpingi ne sont pas gardés. Je poursuis ensuite ma visite de la ville par l'immense église Hallgrimskirkja. Construite en béton, elle est très moderne. Elle présente de chaque côté des colonnes de plus en plus petites qui sont censées représenter les orgues basaltiques très nombreux en Islande. L'intérieur est très dépouillé. Je déguste des "Kanilsnudar" à base de cannelle. Je profite de cette journée pour acheter quelques souvenirs dont un pull islandais porté par bon nombre d'Islandais. Ils sont tricotés à la main à partir de laine de mouton.

     

    Mercredi 29 août, dernière journée sur le sol islandais. Je visite le jardin botanique, la galerie nationale d'Islande et le musée de la photographie. Je flâne dans les rues et m'installe au coeur de Reykjavík dans une place recouverte de tags où un groupe mixe de la musique pendant que d'autres font du skate. Vers 18h, j'entre dans une librairie d'occasion où j'achète un livre en islandais. Je me rends ensuite à la gare routière d'où je rejoins l'aéroport. 00h55 l'avion décolle et je vois s'éloigner cette terre de feu et de glace sur laquelle j'ai usé mes souliers pendant près d'un mois et demi. Fin d'un voyage et le début d'un autre qui s'annonce. De l'Islande à la Nouvelle Zélande il n'y a qu'un pas !

     

    en These last two days in Iceland will be devoted to exploring the capital Reykjavik. I shall begin with the street Baebraut along the sea. A cold wind blows strongly. I discovered the famous Sun-Craft sculpture of Jon Gunnar Arnason representing the skeleton of a longship. I join a free guided tour of the city center all in English! Sporting shoulder-length hair and a beard, the guide looks like a Viking like many other men in Reykjavik. Iceland is a safe country with a very low crime rate. Icelanders have no army and the police is very discreet. The gardens of Parliament Alpingi are not kept. Then I continue my tour of the city by the vast Hallgrimskirkja church. Constructed of concrete, it is very modern. It presents both sides of the columns smaller and smaller that are supposed to represent the many basalt in Iceland. The interior is very bare. I enjoyed the "Kanilsnudar" based cinnamon. I take this day to buy some souvenirs including an Icelandic sweater worn by many Icelanders. They are hand-knitted from wool.

     

    Wednesday, August 29, the final day of the Icelandic soil. I visit the Botanical Gardens, the National Gallery of Iceland and the Museum of Photography. I wander the streets and sit in the heart of Reykjavik in a place covered with tags where a music group is playing while others are skating. At 6pm I enter a second hand bookstore where I bought a book in Icelandic. Then I go to the bus station where I joined the airport. 0:55am in the plane! I see away the land of fire and ice which I have worn my shoes for nearly one month and half . End of a travel and the beginning of another. From Iceland to New Zealand there is only one step!


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  • Commentaires

    1
    Delphine et Arnaud
    Samedi 25 Août 2012 à 23:09

    Félicitations Mélanie!

    You did it !

    On est passé par Vik et Jokulsarlon aussi, c'est trop beau!

    Quelle est la prochaine étape?

    Bisous! A la prochaine,

    Delphine et Arnaud

    ps: photos à partager sur facebook, je t'ai invitée ;-)

     

    2
    LN cousin
    Vendredi 31 Août 2012 à 23:24

    merci de nous faire voyager et partager un périple qui est très agréable et comme je suis pas capable de faire cette traversée je peux en profiter de la maison.Bon courage  famille Cousin biz de nous 4

    3
    Agapanthe
    Lundi 3 Septembre 2012 à 15:28

    Bravo, c'est un beau carnet de voyage. J'ai eu l'impression de participer à cette aventure au fur et à mesure de ma lecture.

    Je te souhaite autant de bonheur dans le prochain projet de voyage. Je suivrai ta nouvelle aventure avec beaucoup d'assuidité.

    Bon voyage.

    4
    La coquille
    Lundi 3 Septembre 2012 à 15:30

    Félicitations pour ce périple dans le coeur de l'Islande. Casquette basse même si ton objectif n'était pas de faire une performance en avalant les kilomètres mais en allant te nourrir des beautés de la nature et en allant faire de belles rencontres pleines de solidarité lorsque l'homme se sent "petit", lorsque l'environnement est parfois désertique et que le temps tourne aux larmes de pluie. Merci pour ce récit plein d'authenticité et de spontanéité et pour les photos prises qui donnent l'envie d'y aller!!!

    5
    ninja invasion
    Mardi 4 Septembre 2012 à 11:18

    coucou bah dis donc ta super profité apres skogar ta vus plains de choses! ta vus jokulsarlon c'est magique!!!

    6
    Marie lagon
    Samedi 18 Mai 2013 à 19:03

    Bravo pour ce très beau carnet,belles photos beau commentaire,je pars en Islande dans 3 semaines je suis certaine qu'une belle aventure m'attend !! La nouvelle Zélande ? j'en reviens j'y suis alleé il y a 6 mois dans l'ile sud !!! aie!aie!aie! une nature généreuse,grandiose,douce et rude,mon coup de coeur la côte ouest,hélas les conditions météo ne m'ont pas permis de découvrir milford sound cependant mes 4 semaines sur cette terre du bout du monde fut un enchantement,tu passes d'une plage desertique à des neige eternelles en très peux de temps c'est époustoufflant de beauté !! La Patagonie devrais te convenir surtout le sud du sud !! 

    le monde est beau,la nature furieusement généreuse à qui l'observe !! Merci . 18/5/2013

    7
    Samedi 1er Juillet à 05:22

    Votre article est très bon, je vais le lire quand j'ai le temps

    Voyage Nha Trang Vietnam

    8
    Vendredi 14 Juillet à 11:39

    Diffusez vos félicitations. Votre écriture est très attrayante

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